Le patinage artistique : une discipline physique et exigeante

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L’envie de chausser les patins à l’approche de l’hiver vous titille? A la télé, vous admirez les couples glisser, sauter, tourner avec grâce? Attention : tenir sur des lames demande un long apprentissage et des heures de travail. A vous glacer le sang….

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En hiver, il y a bien sûr le ski, la luge, les raquettes (à ne pas confondre avec la raclette!), mais aussi le patinage en extérieur comme en intérieur. Se déplacer sur des lames, glisser sans chuter demande un peu de technique. Pour progresser, poussez la porte d’une patinoire, mais surtout n’oubliez pas vos gants ni votre bonnet car il y fait seulement 10 ° C, contre 15 ° il y a quelques mois, du fait de la hausse du coût de l’énergie.

Vous verrez, les premiers pas seront chaotiques et vous aurez du mal à vous détacher de la rambarde. Et si vous preniez des cours pour gagner en assurance et tenter un jour de danser comme Surya Bonaly ou Philippe Candeloro, deux patineurs français qui ont contribué à vulgariser la discipline dans les années 90-2000. Pourtant, elle ne date pas d’hier.

Une pratique qui a séduit l’aristocratie

Le patinage remonterait en Europe au XIIIe siècle. Ce sont les Hollandais qui ont ouvert le bal en utilisant des patins faits à base d’os pour se déplacer en hiver. Mais il faudra attendre le XIXe siècle pour qu’il devienne une distraction sur les lacs gelés, d’abord réservée à l’aristocratie. L’homme d’affaires Edward Bushnell crée en 1850 des patins à lames d’acier puis la discipline prend un côté artistique en 1860 grâce à Jackson Haines, maitre de ballet américain.

Le premier club voit le jour à Paris cinq ans plus tard. Différentes compétitions sont lancées dont des championnats du monde à Saint-Pétersbourg en 1896. Mais saviez-vous que les premiers concours étaient réservés aux hommes? Depuis 1908, le patinage artistique est une discipline olympique à laquelle s’adonnent avec passion les hommes, les femmes en individuels, ou en couple mais aussi des enfants et de nombreux novices.

Attention aux blessures

En loisirs, le patinage est accessible à tout le monde et ce dès l’âge de 4 ans. « Pour les petits, c’est excellent pour travailler l’équilibre, la motricité et la confiance en soi ; pour les adultes, c’est idéal pour conserver une activité et ressentir le plaisir de la glisse comme sur des skis », confie Gulia Spalletti, membre du Skating Luxembourg.

Mais attention, ça peut être dangereux en cas de chute. « Ce sont les poignets, les fesses qui trinquent, pour les genoux ça peut aussi être traumatisant, quant aux chevilles, le port de patins peut être douloureux. »

Un sport mais aussi un art

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Le patinage artistique est un sport alliant l’acrobatie à la précision du geste. Les éléments techniques, comme les sauts et les pirouettes, sont reconnaissables et ponctuent la chorégraphie. C’est un vrai sport, qui sollicite les muscles des jambes, du dos, les abdos aussi.

« Le maintien du dos est essentiel mais aussi le port de bras. Le patinage artistique ce n’est pas que de la danse sur glace, il y a des sauts comme l’axel, le double lutz voire le triple flip… tout cela demande de la force et donc une musculature suffisante », précise Katerina Philippe, vice-présidente du Skating Luxembourg.

En compétitions, les enfants et ados détectés, s’entrainent six jours sur sept, sur la glace mais aussi en dehors. Ils font de la gym pour se muscler et travailler leur souplesse. « C’est une discipline très sélective qui demande des prédispositions et un certain talent. Pour progresser, pas de secret : il faut travailler, répéter inlassablement le mouvement. A l’adolescence, le corps des enfants change, surtout celui des jeunes filles. Elles prennent du poids, des hanches, de la poitrine. Il est essentiel de veiller à la croissance et d’adapter les techniques à ces changements. »

Une discipline coûteuse

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Une des principales barrières de ce sport est son côté financier. Patiner, ça coûte cher. Entre l’achat des patins, à 600 €, les protège-lames, les tenues, mais aussi l’adhésion à un club, il faut compter près de 2 000 € à l’année.

« C’est un sport qui demande de gros sacrifices aux pratiquants comme aux familles, admet Katerina Philippe, mais il est tellement gratifiant pour les patineurs et si beau pour les spectateurs. »

Une seule patinoire au Luxembourg

Contrairement à son voisin belge, le Grand-Duché ne compte qu’une seule patinoire, située à Kockelscheuer et cette dernière a la particularité d’être fermée d’avril à fin août. De quoi compliquer les entraînements des patineurs. Au Skating Luxembourg, le seul club du pays, ils sont 251 adeptes dont 60 en compétition. « On doit refuser du monde. On aimerait que des travaux soient menés pour que cette structure soit utilisable à l’année, précise la vice-présidente du club. L’été, on est contraint de se rendre en France à Amnéville ou Metz voire en Allemagne pour s’entraîner.

Des stages à l’étranger sont organisés mais cela a un coût énorme pour les familles. » Des entrainements hors glace sont assurés. « On accueille des enfants dès 4 ans, mais aussi des adultes en loisirs, mais nous manquons de créneaux, nous partageons la patinoire avec six autres clubs comme le hockey, le curling ou la danse sportive. » Le 17 mars 2023, le club organisera à domicile un championnat de printemps, un événement qui rassemblera des patineurs internationaux.

Article composé par Sabrina FROHNHOFER

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