Nouvelles pistes pour la dépression

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Avec les années qui passent et la science qui avance, nous constatons que la dépression est un phénomène complexe et multifactoriel, nécessitant une prise en charge au-delà des antidépresseurs.

Nadia Augusto, burn-out, burn-in, dépression

Nous nous sommes entretenus avec Nadia Augusto, neurobiologiste et formée à la neurothérapie. Elle a d’abord oeuvré dans le domaine des neurotechnologies appliquées à la santé mentale.

Aujourd’hui spécialisée dans le burn-out et la dépression, elle accompagne les individus qui en souffrent pour un retour à l’équilibre en combinant des outils en neurosciences et ceux de médecines douces.

La dépression

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La dépression est un trouble mental courant, caractérisé par une humeur dépressive ou la perte d’intérêt et de plaisir quotidien. Elle s’accompagne souvent de tristesse, de sentiments de culpabilité, de faible estime de soi, mais aussi de troubles du sommeil ou de l’appétit, de fatigue et de problèmes de concentration. 

Elle porte atteinte à la capacité des personnes à gérer leur quotidien, leur travail ou à gérer les situations de la vie quotidienne. 

Dans les cas les plus graves, la dépression provoque des pensées suicidaires avec un risque de passage à l’acte.

La dépression, ce n’est pas seulement « dans la tête »

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Dans les maladies mentales, il faut bien comprendre qu’on ne peut pas dissocier la santé du cerveau à la santé du corps. Il est nécessaire de prendre en considération les facteurs environnementaux, sociaux qui entrent en ligne de compte ainsi que l’épigénétique (la modification des gènes suite à des événements stressants de la vie). Contrairement à certaines idées reçues, la dépression ne « se passe » pas seulement dans la tête. 

Cela donne de l’espoir aux personnes qui en sont atteintes et qui peuvent de ce fait acquérir un certain pouvoir et la volonté d’agir.

Nadia Augusto considère qu’il est très important de travailler cette connexion « corps-cerveau ». L’objectif de notre cerveau est de ressentir ce qui se passe dans notre corps, il est à son service. Si le corps va mal, le cerveau reçoit des signaux de détresse et va s’adapter (car il est très flexible).

Le microbiote intestinal

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Il existe une nouvelle piste dans les études sur la dépression : le microbiote intestinal. C’est l’ensemble des micro-organismes qui vivent dans nos intestins. Il y a des bactéries, des virus et des champignons qui sont présents de manière normale (ce n’est pas pathologique quand tout va bien). Chez les personnes en dépression, la population de ce microbiote est drastiquement différente, sa diversité est bien plus pauvre et l’équilibre n’est pas bon. 

Les personnes en dépression ont des microbiotes pro-inflammatoires et cela va provoquer une forte inflammation dans le corps (dont les intestins). Notez qu’une forte inflammation dans le corps peut aussi atteindre le cerveau… Donc rien qu’en s’intéressant au ventre considéré comme notre 2ème cerveau (le cerveau entérique), on peut agir sur beaucoup de problèmes.

En changeant son alimentation, une personne dépressive peut améliorer le terrain qui va favoriser la guérison. Si on a une alimentation qui va bien nourrir son microbiote intestinal, qui va lui donner les bonnes populations en bactéries, qui va permettre de réduire l’inflammation, qui va être anti-inflammatoire, il y aura une meilleure production et une meilleure absorption par les intestins de tous les minéraux dont le corps a besoin. De ce fait, le cerveau va sans doute avoir plus de ressources rien qu’au niveau des nutriments pour produire peut-être plus de sérotonine, de dopamine et de noradrénaline…

L’alimentation est capitale

L’alimentation est un carburant de notre corps, une des bases de la santé et il est capital de lui fournir ce dont il a besoin pour que « la machine » fonctionne correctement. Pour des raisons expliquées précédemment, l’alimentation impactera le système nerveux via le cerveau du ventre. Il faudra éviter ce qui est délétère pour le microbiote intestinal, comme l’alcool, les sodas, une alimentation pauvre en nutriments, la cigarette et même le stress.

Une reconnection à soi

Les personnes plus vulnérables devant une dépression ont en général vécu des événements stressants ou traumatiques dans leur vie. Il faut donc traiter cela également. Les traumatismes restent ancrés dans le corps et il est nécessaire de les libérer.

Réactiver son corps peut être bénéfique : faire de petits étirements, sautiller un peu sur place juste pour ressentir son corps tout simplement, car une des clés se trouve là. Nadia conseille souvent du yoga doux ou certaines postures très faciles à faire. Cela permet aussi d’arrêter de penser. Également se faire masser est une bonne idée car cela fait du bien au corps et le cerveau va détecter ce bien-être.

Il y a aussi un travail à faire sur les émotions. En effet, les personnes en dépression ont souvent de nombreuses émotions bloquées en elles. Savoir écouter ses émotions, c’est savoir écouter ses besoins et permet une reconnexion à soi.

Trouver d’où vient le problème de la dépression?

Il est fondamental de savoir d’où vient le problème, en cherchant les facteurs dans l’environnement et ceux individuels qui auraient pu déclencher cette dépression : facteurs familiaux, épigénétiques, événements stressants individuels, mauvaise alimentation qui produira un terrain pro-inflammatoire et qui affectera le cerveau. Un cerveau inflammé fonctionne très mal et cela a même des conséquences sur les neurones. Ainsi tout est lié dans le corps et une prise en charge globale sera la plus adaptée.

www.neuronaturel.com

Lisez un autre article sur Nadia Augusto sur le burn-out.

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