Hypersensibilité: la comprendre et l’accepter pour être plus heureux en couple

hypersensibilité
Partager sur facebook
Facebook
Partager sur linkedin
LinkedIn
Partager sur twitter
Twitter
Partager sur email
Email
Partager sur print
Imprimer
Partager sur facebook
Facebook
Partager sur twitter
Twitter
Partager sur linkedin
LinkedIn
Partager sur email
Email

Les personnes hypersensibles souffrent souvent parce qu’elles ne trouvent pas d’équilibre dans leur relation amoureuse.

Organisée du 25 au 31 mai 2021, la première édition en ligne du Congrès du Couple rencontra un franc succès. Il faut dire que Céline Domecq, thérapeute à Steinfort et organisatrice du Congrès, a bien choisi ses invités. Parmi eux, Virginie Lafarge, psychologue et psychothérapeute à Lyon, qui aborda avec bienveillance le sujet du couple chez l’hypersensible. Découvrons ensemble les pistes de compréhension sur l’hypersensibilité dans la relation amoureuse pour pouvoir mieux la vivre au quotidien.  

Si, à l’heure actuelle, le quotient intellectuel se « mesure » et sert de valeur pour catégoriser les individus, l’hypersensibilité n’a pas encore son « test ». Virginie Lafarge : « L’hypersensibilité touche environ 25 % de la population, et concerne autant les femmes que les hommes. Elle se caractérise par une augmentation de l’intensité, de la durée ou de la fréquence des émotions. Les personnes hypersensibles sont donc plus facilement submergées par leurs émotions et celles des autres (avec une tendance à l’anxiété, à la rumination, à la peur du conflit…). Leurs émotions sont souvent qualifiées « d’extrêmes », « d’exagérées » par leur entourage. Les personnes hypersensibles souffrent dès lors très souvent d’un sentiment de décalage. Dans cette définition de l’hypersensibilité, certains ajouteraient la sensibilité accrue à la lumière, aux bruits, aux odeurs, etc. Ce type d’hypersensibilité n’est pas obligatoire pour autant. Il s’agit davantage d’une hypersensibilité émotionnelle. » 

Selon Virginie Lafarge, de plus en plus de personnes hypersensibles consultent parce qu’elles ont des problématiques de couple, et ont besoin d’être reconnues dans leur hypersensibilité et leur hyperémotivité. « Quand on accompagne ce type de personne à comprendre leurs émotions et à les travailler, et qu’en plus, on valide leur hypersensibilité, le sentiment de soulagement est énorme. », souligne-t-elle.

Hypersensibilité et types d’attachement

Il faut savoir que toutes nos relations affectives se construisent dès l’enfance. En plus de l’hypersensibilité, il faut donc tenir compte aussi du type d’attachement qui est propre à chaque individu. « Notre type d’attachement va se développer au fur et à mesure de notre histoire familiale, de nos rencontres, de nos expériences interpersonnelles, etc. Il se construit véritablement sur le temps. À l’âge adulte, nous avons tous un type d’attachement, qui est en réalité un combiné d’au moins deux formes d’attachement. », précise Virginie Lafarge.

Les quatre profils d’attachement à l’âge adulte sont :

hypersensibilité

L’attachement sécure :
Il concerne les personnes ayant eu un environnement général, suffisamment sécurisant dans l’enfance pour favoriser une manière d’être au monde relativement stable et adaptée au niveau émotionnel, cognitif et comportemental. 

L’attachement distant/évitant :
Les personnes ont développé une habitude à désactiver leur système d’attachement, en minimisant leurs émotions et leurs besoins relationnels. C’est un peu comme une philosophie personnelle « je ne peux compter que sur moi »

L’attachement anxieux/soucieux :
Plus sur un modèle fusionnel, les personnes souffrent de la peur de perdre l’attention et l’affection de l’autre avec un grand besoin de proximité pour être rassurées et réconfortées. 

L’attachement désorganisé :
C’est un mélange de comportements anxieux (hyperactivation émotionnelle et comportementale) et de comportements évitants (désactivation émotionnelle et comportementale). 

« Même à l’âge adulte, chacun d’entre nous est capable de modifier son type d’attachement pour qu’il devienne secure. », rassure Virginie Lafarge. 

L’hypersensible dans le couple

Au-delà de sa représentation très idéalisée du couple, l’hypersensible va construire sa représentation des relations amoureuses sur base des modèles sociétaux. Virginie Lafarge commente : « Au fur et à mesure qu’il grandit, l’hypersensible va développer son empathie et sa compréhension du monde qui l’entoure. Il va dès lors construire ses relations affectives en se comparant aux autres, son hypersensibilité ayant souvent été vécue comme un handicap social ou une anomalie. De par son empathie, l’hypersensible va alors essayer de capter tous les codes plus ou moins implicites qui existent dans la société. » 

Sur base de ces caractéristiques, Virginie Lafarge divise les hypersensibles en 2 grands types de profil dans la relation amoureuse : les visibles et les invisibles. 

– Les profils distants/évitants : ce sont ce que Virginie Lafarge appelle « les visibles ». « Ces profils ont un besoin très fort d’indépendance, et sont vraiment déconnectés des modèles amoureux attendus en société. En réalité, derrière cette forme d’indépendance se cache une réelle souffrance. Certains ont développé ces modèles un peu comme une carapace, pour ne plus souffrir et attendre trop d’autrui. Ils vontécouter davantage leur monde intérieur, exprimer peu leurs émotions et auront tendance à repousser les autres (surtout dans le cadre des relations amoureuses). Classiquement, ce sont des personnes qui accaparent l’attention et qui brillent par leur énergie, leurs projets… On va souvent parler d’elles en disant que ce sont des personnes trop autonomes, solitaires, voire un peu égocentriques. On rencontre ce type de modèle un peu plus souvent chez les hommes. »

– Les profils anxio-soucieux : ce sont ce que Virginie Lafarge appelle « les invisibles ». « Ce sont ces personnes qui n’ont pas su se détacher véritablement du sentiment d’être différent. Elles ont un peu honte de leurs émotions et veulent à tout prix les refouler. C’est pourquoi elles auront tendance à utiliser plutôt une stratégie d’effacement. Ce sont des profils introvertis qui se mettent en retrait comme s’ils ne devaient pas trop se montrer, et font peu état de leurs émotions. Ces personnes hypersensibles ont un manque de confiance en elles, s’écoutent peu et ont tendance à se tourner vers des personnes qui, au contraire, ont du bagou et se montrent extraverties. », explique-t-elle. 

Hypersensibilité et souffrance en couple

Les personnes hypersensibles souffrent souvent parce qu’elles ne trouvent pas d’équilibre dans leur relation amoureuse. En couple, les profils visibles aiment avoir de l’autonomie, et ont aussi un profil passionné/passionnant. Ce sont des personnes qui aiment vibrer dans la relation amoureuse, qui ont besoin d’être dans le registre de la perfection, que tout soit programmé, organisé avec un côté très porteur et moteur. Elles donnent trop d’énergie, et attendent un retour par rapport à leur investissement émotionnel. Pour les profils invisibles, il va y avoir souvent un fonctionnement de l’ordre de la dépendance affective.

Virginie Lafarge : « Pour l’hypersensible, le couple est le lieu qui va permettre de cristalliser toutes ses attentes, sans rejet ou jugement. Ainsi, la personne hypersensible va imaginer un(e) élu(e) parfait(e) qui va non seulement l’accueillir, mais en plus le(la) faire vibrer, le(la) faire grandir, lui donner du bonheur… Une aubaine pour celles et ceux qui, depuis l’enfance auront toujours eu ce besoin vital d’être reconnus, entendus et respectés… Que ce soit pour les profils visibles et invisibles, il va donc y avoir une charge émotionnelle très forte, un surinvestissement émotionnel dans le couple, un oubli de soi car il y a énormément d’attentes. Mais en retour, il risque d’y avoir également beaucoup de frustrations… »

Trouver le juste équilibre

Peut-on alors être heureux en couple quand on est hypersensible ? « Bien sûr que oui », répond Virginie Lafarge. « À condition que les personnes hypersensibles ne restent pas campées dans leur type de fonctionnement d’attachement de base. Il est en effet assez rare que les personnes hypersensibles soient dans un mode d’attachement secure. Elles devront donc souvent re-réfléchir à la qualité de leur attachement, analyser leur type de fonctionnement et ne pas avoir peur de le remettre en question et de le reconstruire. », souligne-t-elle. 

Voici les conseils de Virginie Lafarge : 

1. Se poser les bonnes questions (« Qu’est-ce que j’attends de mon couple ? Qu’est-ce que je voudrais dans mon couple et ma relation amoureuse ? ») et sortir de cette image idéalisée du couple (1 + 1  = 1) où la personne hypersensible va s’effacer pour l’autre. Les thérapies de couple privilégient cette représentation du couple : 1 + 1 = 3 (3 : une autre entité qui est le couple).

2. Ne plus se cacher derrière son hypersensibilité. « Il est important d’accepter son hypersensibilité, de s’accepter comme l’on est, avec ses forces et ses faiblesses, et de ne plus avoir peur d’exprimer ses ressentis. Dans toute relation amoureuse, et encore plus quand on est hypersensible, il faut pouvoir ressentir ses émotions et les exprimer pour que l’autre puisse les recevoir. J’invite également les personnes hypersensibles à réapprendre à recevoir les ressentis de l’autre qui sont différents. Si mon/ma partenaire ne ressent pas les choses de façon si intense, il risque en effet d’y avoir de la rancoeur. Enfin, j’invite les couples à définir ensemble la vision qu’ils ont du couple et de leurs besoins, et à s’y ajuster. Cette phrase : « Je vais faire des efforts, je vais faire des compromis » est vraiment à bannir. On est vraiment ici dans l’ajustement. », conseille Virginie Lafarge. 

Article écrit par Céline Buldgen

Lisez nos autres articles en rubrique Santé.

Pour vous

Articles suggérés

BLANCREME

Blancrème dévoile ses délices de Noël

Blancrème dévoile ses confiseries de Noël avec sa nouvelle collection Candyland.Les coffrets et crackers renferment des routines pour toutes les envies et s’invitent sous le