Peur de l’abandon : mieux comprendre le schéma pour le stopper

Schéma de la peur de l'abandon
Share on facebook
Facebook
Share on linkedin
LinkedIn
Share on twitter
Twitter
Share on email
Email
Share on print
Imprimer
Share on facebook
Facebook
Share on twitter
Twitter
Share on linkedin
LinkedIn
Share on email
Email

La peur de l’abandon se manifeste par la peur que notre partenaire pourrait constamment nous quitter ; la plupart du temps pour quelqu’un de mieux que nous ; ou mourir dans un accident en imaginant des scénarios catastrophes. C’est aussi la conviction que les personnes qui nous entourent sont fondamentalement instables. Et c’est justement par peur d’être abandonnée à nouveau que la personne qui souffre de ce schéma va s’auto-saboter, et induire ce qu’elle redoutait le plus : la fuite de l’autre. Pourtant, des solutions existent pour arrêter cette boucle sans fin et la souffrance émotionnelle qu’elle génère. Cela passe notamment par la compréhension de soi. 

La peur de l’abandon concerne beaucoup de monde car de nombreuses expériences de vie (absence de l’un des deux parents, naissance d’un petit frère ou d’une petite soeur, décès d’un proche…) peuvent générer ce sentiment d’avoir été abandonné ou mis à l’écart. Quel que soit l’évènement à l’origine d’une angoisse d’abandon, il ne faut jamais minimiser une expérience douloureuse ou traumatique.

La personne qui en souffre au quotidien vit cette angoisse de l’abandon comme un réel handicap social, affectif et surtout intime. La psychologue clinicienne, Catherine Audibert, explique que le couple est « souvent le lieu où nous réglons nos comptes avec notre enfance et nous projetons sur l’autre les angoisses du passé. »

En quoi consiste le schéma d’abandon ?

C’est avoir la certitude que notre besoin fondamental de sécurité, de stabilité et de respect ne sera pas toujours comblé par nos proches. Par un constat méfiant et négatif au sujet des autres, nous n’arrivons pas à former des liens sûrs et satisfaisants; empêchant les autres de nous aimer pour ce que nous sommes vraiment avec nos forces mais aussi nos fragilités.

Deux types de plaintes

La plainte manifeste, c’est ce que la personne va spontanément dire sans aucune difficulté. Pour la plainte latente, le thérapeute va devoir chercher des informations pour pouvoir comprendre comment la personne fonctionne dans son intégralité, avec des phénomènes conscients et inconscients.

La plainte manifeste peut être la suivante : pour éviter d’avoir à supporter l’éloignement, la personne qui souffre du schéma d’abandon préfère ne pas trop en dire sur elle et va plutôt vouloir faire plaisir à l’autre. D’autant plus que les personnes qui souffrent du schéma de l’abandon ont tendance à tomber amoureuse de manière totale, voire passionnelle et sont généralement attirées par des personnes qui sont indépendantes affectivement. Par manque de sécurité affective, la personne qui souffre de la peur de l’abandon va penser que l’autre personne qui elle, est indépendante affectivement, est très admirable et attirante. Mais, au fil du temps, ce qu’elle trouvait attirant et admirable chez l’autre va s’estomper. La personne désirée ne va plus être définie comme étant « une personne indépendante » mais plutôt comme « une personne instable qui n’arrive pas à offrir la stabilité dont j’ai besoin ». Or, cette perception de l’autre comme étant instable peut faire déclencher le mode « agressif », c’est-à-dire la possessivité, la jalousie avec un besoin constant de contrôler l’autre et d’anticiper un éloignement ou une rupture. Lorsque ce mode « agressif » sera poussé à l’extrême, la personne désirée va rapidement se sentir étouffée. Elle aura de la difficulté à s’engager dans une relation qui est devenue toxique et va fuir.

La personne qui souffre de la peur de l’abandon sera alors très critique envers elle et se confortera dans ce qu’elle pensait au départ : « Je ne mérite pas d’être aimée et gardée », « Il ou elle peut largement trouver mieux que moi ». Et elle le sera aussi vis-à-vis de l’autre : « J’ai mes défauts comme tout le monde mais il/elle est trop instable et n’est pas assez fiable pour pouvoir m’accepter. »

Ce schéma de l’abandon/instabilité peut entrainer d’importantes conséquences psychologiques telles que :

  • Phobie sociale et isolement.
  • Dépression liée à une tristesse chronique.
  • Colère envers soi-même et les autres.

La plainte latente peut se manifester ainsi : la personne qui souffre du schéma de la peur de l’abandon/instabilité interprète automatiquement les situations et les attitudes de l’autre comme du rejet, avec une peur panique d’être abandonnée et une tendance à la dramatisation (sans en avoir réellement conscience).

Êtes-vous concerné par la peur de l’abandon ?

Ces 10 questions vous permettront de savoir si vous êtes dans un schéma de peur de l’abandon/instabilité :

  • J’ai le sentiment de manquer d’une base stable qui me sécurise affectivement. 
  • Je me sens attiré par des partenaires qui ne peuvent pas s’engager avec moi. 
  • J’ai tellement besoin des autres que j’ai peur de les perdre ou d’être remplacé par quelqu’un de mieux. 
  • Je ne peux être moi-même, exprimer ce que je ressens, sinon les autres vont me quitter. 
  • Plusieurs de mes proches sont imprévisibles. Je m’attends à ce que ces relations se dégradent, se terminent, presque sans raison valable. 
  • J’ai dû mal à m’autoriser à être vraiment proche des autres car je veux être sûr qu’ils seront toujours là pour moi. 
  • J’ai peur que les gens dont je suis proche me quittent ou m’abandonnent. Cela me pousse dans les cas extrêmes à avoir des comportements insensés. 
  • Et d’autres fois, j’ai tellement peur que les gens m’abandonnent, que je les repousse. 
  • J’ai très peur que les gens que j’aime meurent, même en l’absence de raison médicale immédiate.
  • Souvent, j’ai la conviction que je finirai seul.

Ce questionnaire est tiré du livre : « La thérapie des schémas de personnalité » du psychologue J.Young.

Peur de l’abandon: les objectifs de la psychothérapie

Il y en a plusieurs :

Thérapie cognitive :

  • Modifier la vision déformée des autres.
  • Apprendre à reformuler ses penses irrationnelles.
  • Identifier les comportements automatiques et leurs conséquences.
  • Réduire le souci du patient à vérifier l’attachement de l’autre.
  • Modifier les attentes du patient vis-à-vis de son entourage et accepter le droit des autres à lui fixer des limites et de disposer d’un espace de liberté, séparé de lui.

Thérapie émotionnelle :

  • Faire revivre en imaginaire les expériences d’abandon ou d’instabilité.
  • Verbaliser sa colère ou d’autres émotions négatives vis-à-vis des personnes qui nous ont rejeté/abandonné.
  • Relaxation, méditation.
  • Comment se donner à soi-même la sécurité affective dont on a besoin.

Thérapie comportementale :

  • Investir des relations stables avec des personnes qui seront capables de s’engager vraiment dans la relation.
  • Plan d’action dans les situations de solitude, pour apprendre à les tolérer.

Source :

Webinaire « La peur de l’abandon et de l’instabilité » donné par Marion Martinelli (APHM) le 12 avril 2021.

Lisez aussi notre article sur la dépendance affective.

Tiques

Méfiez-vous des tiques

La saison a commencé dès le mois de février pour les tiques ! Notre hiver n’a pas été suffisamment rude pour éradiquer ces insectes qui

Pour vous

Articles suggérés

Waterwalls

WaterWalls Festival

Après un report en 2020, des mois de travail et de réflexion autour d’un projet culturel innovant – et nombre d’adaptations sur le terrain !