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Lutte contre les MGF : l’ONG COFESFA lance un cri du coeur

Au Mali, le taux de mutilations reste encore élevé, même si des avancées considérables ont pu être observées jusqu’à aujourd’hui. Mme DIARRA Kadiatou SANOGO, Chargée de Projet VBG/MGF/E à l’ONG malienne COFESFA et partenaire local de la Fondation Follereau, témoigne. L’occasion pour elle d’aborder également les actions de son ONG et l’espoir qu’elle porte sur la générosité des donateurs de la Fondation Follereau.

Mme DIARRA Kadiatou SANOGO : « La pratique de l’excision reste profondément ancrée dans les différentes communautés maliennes. À l’origine, elle était pratiquée sur des filles pubères pour marquer le passage à l’âge adulte, mais l’excision est de nos jours effectuée sur des filles de moins de 5 ans. Au Mali, comme ailleurs, les raisons qui sous-tendent l’excision sont multiformes, mais s’édifient essentiellement autour de deux principes fondamentaux : le respect des us et coutumes et le désir communautaire de contrôler la sexualité des femmes. Ces raisons prennent racine dans un contexte socioculturel qui institue l’excision comme une norme sociale. Ce qui explique sa persistance dans le temps. Il est également à signaler qu’au cours de nos investigations, nombreux sont les couples qui ne font plus exciser leurs filles mais n’en disent mot à personne afin d’éviter la stigmatisation de leurs filles. »

Résultats d’enquêtes

Selon l’Enquête Démographique et de Santé au Mali de 2012 (EDSM-V), la pratique est quasi générale au Mali puisque qu’elle concerna 91 % des femmes de 15-49 ans. La majorité des femmes excisées ont subi la procédure avant l’âge de 5 ans, y compris dans la petite enfance (73 %). Parmi les filles de 0-14 ans, environ sept sur dix sont déjà excisées (69 %). Parmi celles de 10-14 ans, cette proportion est de 83 %. La grande majorité des femmes et des filles excisées (respectivement 91 % et 98 %) ont été excisées par des praticiens traditionnels, essentiellement des exciseuses traditionnelles issues des castes de forgerons. De fait, une proportion élevée de femmes et d’hommes de 15-49 ans (respectivement 71 % et 66 %) pensent que l’excision est une pratique exigée par la religion. En majorité, les femmes et les hommes de 15-49 ans (respectivement 72 % et 79 %) pensent que l’excision devrait être maintenue. Selon l’Enquête Démographique et de Santé au Mali (EDS-VI) de 2018, le rapport a montré que 73% des filles de 0-14 ans et 89% des femmes de 15-49 ans ont été excisées. Le même rapport montre que 76% des filles ont subi les MGF/E avant l’âge de 5 ans ; 70% des femmes et 68% des hommes pensent que l’excision est exigée par la religion et trois-quarts (3/4) des femmes et des hommes pensent que la pratique de l’excision doit continuer. Mme DIARRA Kadiatou SANOGO reste confiante : « De ces deux enquêtes quinquennales chacune, il ressort qu’il y a eu un changement de comportement, un éveil de conscience significatif de la population vis-à-vis du phénomène de la pratique de l’excision. »

Les actions de COFESFA

Pour mettre fin aux mutilations génitales féminines au Mali, l’ONG COFESFA organise :

  • des séances de sensibilisation sur les conséquences des MGF/Excision auprès des femmes, des hommes, des jeunes filles et garçons au sein de la communauté et au niveau des centres de santé des villages avec les femmes lors des consultations pré et post natales avec l’appui des agents de santé,
  • des projections de films,
  • des visites à domicile, des counselings,
  • des émissions radio dans les radios locales de proximité,
  • des séances de plaidoyer auprès des chefs de villages et des personnes influentes dans les villages d’intervention du projet,
  • identification et reconversion des exciseuses,
  • formation des exciseuses reconverties et des relais communautaires des villages des zones d’intervention,
  • identification et prise en charge des survivantes de l’excision,
  • organisation de la journée internationale du 6 février,
  • organisation des journées d’échanges sur la thématique
  • organisation de cérémonies de signatures de convention dans les villages qui ont abandonné la pratique de l’excision.

Ces interventions atteignent leurs buts et ont des effets positifs. Parmi ceux-ci :

  • la participation de plusieurs personnes de la couche sociale (religieux, les chefs coutumiers élus communaux etc…) à nos séances de sensibilisation,
  • la reconversion de soixante-dix-neuf exciseuses qui pratiquaient l’excision,
    les dix villages signataires de la convention d’abandon de la pratique de l’excision dans leurs villages respectifs,
  • les déclarations publiques d’abandon de la pratique de l’excision par trois villages de la commune de Safo,
  • remise d’attestions de reconnaissance à trois villages de la commune de Safo par la Ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille lors de la commémoration de la journée du 6 février 2020 à Safo,
  • la réparation de onze femmes victimes des séquelles de l’excision par le projet sur financement de la FFL.
Lutte contre les MGF : l’ONG COFESFA lance un cri du coeur
Cérémonie de remise de plates-formes multifonctionnelles à cinq associations de femmes de Siby, Tièlè et Bancoumana.

Un appel à la générosité

Dans cette lutte contre les mutilations génitales féminines, la Fondation Follereau a besoin de nos dons pour soutenir les projets des ONG comme celle de COFESFA. Laissons la parole à Mme DIARRA Kadiatou SANOGO pour conclure : « Chers donateurs luxembourgeois, l’heure n’est plus à l’inaction mais à l’union et surtout à la solidarité agissante. L’excision est un mal imminent qui perdure grâce à une minorité agissante forte qui, par sa magie subtile détourne la majorité de nos populations par leurs idées au nom de l’islam et de la coutume ancestrale en faveur de la pratique de l’excision. Alors, nous comptons sur vous, généreux donateurs, à nous aider à sauver des milliers de fillettes qui risquent d’être mutilées, de souffrir injustement et sans leur consentement alors qu’elles n’ont rien fait pour subir cette souffrance injustifiée. Nous savons et nous sommes convaincus que notre cri du cœur atteindra sans nul doute le cœur des généreux donateurs infatigables que vous êtes afin de continuer à sensibiliser les innocentes populations sur les conséquences des MGF/Excision et prendre en charge les malheureuses victimes des fistules ! »

Merci à Mme DIARRA Kadiatou SANOGO, Chargée de Projet VBG/MGF/E à l’ONG malienne COFESFA.

Lisez également cet article sur les mutilations génitales féminines.

Post - Luxembourg - Santé
Céline Buldgen
Journaliste multimédia

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