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La médiation animale

Le terme médiation animale est surtout utilisé dans les pays francophones. Dans les pays anglophones et germanophones, nous parlons plutôt d’interventions assistées par l’animal (AAI: Animal Assisted Interventions). Ce terme couvre les thérapies, les activités, la pédagogie faites avec l’aide des animaux qui sont de merveilleux médiateurs.

C’est en 1969 que Boris Levinson, pédopsychiatre américain a publié un premier livre intitulé « Pet Orientated Child Psychotherapy ». Puis il en publia un second, « Pets Human Development » en 1972. Il décrit ses expériences dans ces deux ouvrages.

Nous pouvons le considérer comme le créateur de la thérapie assistée par l’animal ! Il est en quelque sorte le père de la zoothérapie. Il avait constaté que les animaux facilitaient grandement les relations et interactions entre les individus. Et également que la présence animale était une source de stimulation intéressante.

Animal Assisted Interventions (A.A.I.)

Ce terme désigne des méthodes qui utilisent la proximité d’un animal domestique pour aider à soigner un être humain.
Le but est qu’un intervenant qualifié introduise un animal qui a des compétences spécifiques dans un objectif thérapeutique. Le but à long terme est d’améliorer le fonctionnement cognitif, physique, émotionnel ou social d’une personne.

RETAA Asbl

Livia Nocerini est Présidente de Retaa asbl fondée en 2004 au Luxembourg. Elle était psychologue clinicienne au centre hospitalier neuropsychiatrie d’Ettelbruck. Elle a en 2000 introduit un chien en psychiatrie.

Son association regroupe bon nombre de bénévoles et de professionnels de différentes disciplines. On y trouve des psychologues, assistants sociaux, infirmiers psychiatriques, enseignants, artistes psychiatres…

Les buts de l’association

La philosophie de Retaa prône pour la non-instrumentalisation de l’animal qui n’est pas un outil de travail !

C’est pourquoi Livia aime mettre l’accent sur le relationnel. « Pour moi, travailler avec un animal, ce n’est pas utiliser une technique mais c’est travailler avec une approche différente. Ainsi, nous ouvrons le champ thérapeutique à un animal qui y trouve sa place et qui y gagne également. »

L’animal est médiateur et complice de la relation d’aide. C’est grâce à lui que les thérapeutes vont à la rencontre de la personne en difficulté.

Retaa asbl fonctionne sur 2 axes

  • D’une part, sur la théorie et la pratique par l’organisation une fois par an d’une journée internationale. Lors de cette journée sont conviés soit des praticiens qui présentent leurs projets, soit des scientifiques qui présentent des recherches sur la relation entre l’homme et l’animal. 
  • D’autre part sur le fait de mettre en avant la relation entre l’homme et l’animal. « Le but est de parvenir à une réciprocité dans la relation qui s’établit. En réalité, ce travail doit être gratifiant pour tous les intervenants et l’animal doit aussi en tirer de la satisfaction. Nous ne pensons pas qu’il faut dresser un animal pour travailler mais il doit être bien socialisé et à l’aise dans le travail. » Selon elle, en psycho gériatrie, certaines personnes participaient à des ateliers simplement car son chien était présent. Cela était motivant pour les patients. Elle a également animé des ateliers avec des lapins issus de la ferme thérapeutique Ditgesbaach à Ettelbruck qui dépend de l’Asbl ATP. Le chien était aussi intégré dans le travail psychologique individuel.

Livia précise : « Il ne suffit pas d’avoir un bon chien et de la volonté pour faire ce genre d’activités. Il faut respecter un grand nombre de paramètres importants. En somme, il faut avant tout avoir un projet, un objectif à atteindre, le documenter et l’intégrer dans une institution qui doit être d’accord. Il faut aussi et essentiellement veiller au suivi médical de l’animal, à son hygiène et bien sûr aux impératifs de sécurité. »

Une autre mission de Retaa

Retaa a mis en place un programme original de maintien du lien entre les personnes et leur animal. Ce programme est « Animal Care Taker ». Il s’agit de la prise en charge par des tiers de l’association, des animaux de personnes en isolement affectif et/ou social pendant leur absence. Initialement, les raisons étaient uniquement thérapeutiques mais Retaa a également élargi ses actions pour des raisons sociales.

En conséquence, Livia est heureuse de voir à quel point les gens font confiance à l’association. Ces personnes pourront récupérer leur animal après leur hospitalisation. Certaines personnes hésitent à se faire soigner, car elles n’osent pas abandonner leur animal.

En effet, combien de malades, de gens âgés doivent se séparer pour une durée plus ou moins longue de leur animal. Ceci en cas de cure ou d’hospitalisation… Ces personnes déjà fragilisées ne supportent p et le fait de devoir laisser leur animal peut  empirer la situation. L’association demande aux maîtres une participation financière qui peut être symbolique afin de les faire participer selon leurs possibilités.

L’ISAAT et l’IAHAIO

  • Livia est membre fondateur de l’association ISAAT (International Society Of Animal Assisted Therapy), une association internationale qui fixe les critères d’admissibilité pour les instituts de formation qui travaillent avec des animaux. www.isaat-aat.org
  • Retaa asbl fait aussi partie d’une association mondiale, l’IAHAIO qui regroupe des associations qui traitent de la relation homme-animal. L’IAHAIO a développé la terminologie des interventions associées aux animaux afin d’avoir une terminologie commune dans tous les pays (cf « Le livre blanc de l’IAHAIO »).  RETAA suit les directives données par l’IAHAIO www.iahaio.org

« Entre l’homme et l’animal, il faut privilégier la réciprocité. »Livia Nocerini

Post - Luxembourg - Lifestyle
Sandrine Stauner-Facques
Journaliste / Chargée de Communication et des événements

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