Henri Leconte : Un mec bien dans sa vie !

Henri Lecomte
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Nous avons eu le plaisir de rencontrer Henri Leconte, tennisman français. Le chouchou des Français est installé avec sa compagne Maya depuis quelques années au Luxembourg, pays qu’ils affectionnent particulièrement.

Nous avons été séduits par le fait qu’Henri est incroyablement accessible et empreint d’une grande sensibilité et sincérité. Ce n’est pas un homme qui joue un rôle, il est « lui » et cela est vraiment agréable et appréciable. Il est pourtant dans la légende tennistique grâce à l’obtention de 19 titres sur le circuit ATP dont un en double à Roland Garros et sa victoire en Coupe Davis en 1991 avec Guy Forget. Mais il reste simple et a les pieds bien sur terre.

Entretien…

Le sport…

©Dominique Gaul

Etant jeune, qu’est-ce qui vous a donné envie de jouer au tennis ?

C’est la passion… Ma mère était professeur de tennis et j’ai eu ma première raquette entre les mains à l’âge de 4 ans. Mes deux grandes soeurs jouaient également très bien au tennis. Mon frère qui rêvait de devenir architecte a fini professeur de tennis et m’a même entraîné. C’est vraiment une histoire de famille, nous passions tous nos week-end au club.

Parlez-nous de votre finale perdue en 1988 à Roland Garros… Votre défaite contre Wilanders…
C’est toujours un souvenir douloureux mais qui ne me hante plus du tout. C’est difficile de louper la dernière marche quand on joue à domicile. D’un autre côté, cela fait 32  ans qu’un joueur français n’a pas franchi ce cap donc cela n’était pas si mal finalement ! Cette épreuve m’a permis de grandir et mieux me connaître. J’ai toujours été fier de jouer à Roland Garros devant mon public. Je n’avais pas peur d’affronter les meilleurs joueurs du monde. Je venais sur le terrain avec un mental de gladiateur.

Henri, une pointure !

Comment expliquez-vous qu’après vous, aucun joueur français n’ait accédé à la finale de Roland Garros ?

Nous avons la chance d’avoir une bonne génération en France de joueurs qui ont fait de bons résultats mais d’un autre côté d’autres champions incroyables ont été sur leurs routes : Federer, Nadal, Djokovic, et d’autres…

Mais avant tout, il est nécessaire de croire en soi et ne pas avoir certaines peurs qui peuvent nous contrôler et nous diriger à l’échec pour ne pas gagner. Il est vrai que le fait de jouer à Roland Garros peut-être une pression supplémentaire pour un Français. Le mental y est pour beaucoup et cela est nécessaire pour accéder en finale.

Cela me désole de le dire mais en France, nous ne travaillons pas suffisamment  le mental alors que dans beaucoup d’autres pays ils en ont pris conscience. En France, nous sommes toujours aux anciennes méthodes. Le mental prend une place primordiale en balance avec le physique, pour faire un futur vainqueur français à Roland Garros et aussi pour d’autres grands chelems.

Quels joueurs avez-vous admiré et quels joueurs admirez-vous ?

Mon idole est Bjorn Borg. Vient ensuite John McEnroe, Ilie Năstase : ils avaient tous des particularités. Et dans les joueurs actuels j’aime beaucoup Roger Federer, Rafael Nadal, Novak Djokovic. Mentalement Stan Wawrinka est exceptionnel et différent des autres.

Son plus beau souvenir…

Est-ce que votre victoire en Coupe Davis en 1991 reste votre plus beau souvenir ? 

C’est MON plus beau souvenir. Cela faisait 59 ans que la France n’avait pas gagné cette épreuve. Pour ma part je revenais de nulle part, le match contre Pete Sampras   a été incroyable, il restera pour toujours le plus beau moment de ma carrière. Cette victoire   avec  Guy Forget me rappelle cette fameuse histoire de David contre Goliath.

Ce que personne ne savait c’est que j’étais en chaise roulante 2 mois 1/2 avant… Je me suis relevé grâce à toute une équipe autour de moi, j’ai été soigné en Bretagne au centre national de rééducation de la sécurité sociale à Douarmenez. J’y ai vu des choses dramatiques mais également des choses exceptionnelles. J’y ai rencontré des personnes magiques. On m’a vraiment remis sur pied.

En 1991, j’avais l’expérience, le recul, la maturité et la force mentale que je n’avais pas auparavant. Grâce à ce que je venais de vivre, j’avais une motivation hors norme, je m’étais programmé. Contre Pete Sampras, je me suis dépassé. En fait, le mental est capital, il faut y croire pour réaliser un exploit. 

J’ai eu le chance de rencontrer mon idole, Ayrton Senna : j’ai passé 3 jours avec lui, il était très mystique. Il m’avait expliqué son mode de fonctionnement. Quand il était dans sa voiture, dans sa tête, il était au 1er virage que déjà il était en train de penser au 4ème… Il était constamment dans l’anticipation. Et moi, notamment cela m’est arrivé en 1991 en Coupe Davis où je savais comment allait arriver la balle et de ce fait j’anticipais.

Ce qu’on dit de lui…

Boris Becker disait de vous que vous faisiez des coups qui n’existaient pas… Beau compliment non?

J’ai beaucoup aimé ce compliment ! Et je l’aime encore énormément (RIRES). Lui et moi avons une histoire ensemble : lui me battait toujours à Wimbledon et moi je le battais toujours sur terre battue. Et un jour je l’ai battu à Hambourg chez lui (3-6, 7-6, 7-6), c’était terrible. Et il avait promis de me battre un jour à Roland Garros… En 1988 je l’ai battu en cinq sets : ce match était un vrai beau duel. C’était chez moi, c’était ma terre, il fallait gagner. Nous sommes amis et il y a un énorme respect entre nous. 

©Dominique Gaul

Mais pour être honnête, je faisais parfois des coups que je ne comprenais pas moi-même. C’est l’instinct. Et il faut savoir que plus on est doué, plus on doit travailler pour faire des répétitions. Car on peut faire des coups incroyables par hasard, par réflexe, par instinct et pour rééditer ces coups, il faut travailler et travailler encore. Les meilleurs joueurs du monde le font. Federer qui est très talentueux travaille beaucoup plus que les autres. Idem pour Nadal… Dans le domaine du football, Ronaldo travaille deux fois plus que les autres. Le but est de comprendre et analyser comment on fait ces coups-là dans le but de les reproduire et de peaufiner ces coups.

Une particularité d’Henri…

Le fait d’être gaucher vous a t-il  aidé ? Vous étiez sans doute moins prévisible ?

Oui j’étais imprévisible pour mes adversaires. Le gaucher a toujours une vitesse de réaction, une intuition et un feeling complètement différent. Nous avons une « main » différente, un schéma différent. 

Nous avons pu le constater dernièrement à Roland Garros avec deux Français, Hugo Gaston et Ugo Humbert. Le gaucher a vraiment quelque chose de différent et est plus créateur que les autres.

Le Luxembourg…

©Dominique Gaul

Depuis combien d’années vivez-vous au Luxembourg et pourquoi ce choix ?

Cela fait quelques années que j’y vis, au départ pour des raisons professionnelles. Par la suite j’ai rencontré Maya et nous avons décidé de nous installer ici. Chacun de notre côté, nous avons beaucoup voyagé et le Luxembourg nous correspondait bien. Cela a été notre nouveau départ à tous les deux. On aime car c’est très international, cosy, familial aussi.

Ici nous faisons de belles rencontres comme celle avec Etienne-Jean Labarrère-Claverie ici présent. Avec lui je partage une belle passion, la cuisine.

J’ai eu l’opportunité de faire Celebrity Master Chef à Londres où j’ai réussi à atteindre la demi-finale. L’expérience a été vraiment sympa. J’adore la cuisine, je suis ami avec Pierre Gagnaire. Avec Etienne-Jean, nous pourrions entamer des petites collaborations sympathiques dans l’avenir.

Maya est « Mental Coach ». Que vous a t-elle apporté ?

A présent, et grâce à Maya, je me connais mieux, je suis mieux dans ma peau. J’ai eu quelques « pépins » physiques et non des moindres au cours de ma carrière avec trois hernies discales opérées quand j’étais au plus haut niveau. Il a fallu être fort physiquement mais aussi mentalement.

Aujourd’hui, j’ai évolué, je me connais mieux face à mes réactions pour aller dans la meilleure direction. Je suis plus à l’écoute de mon corps et mon esprit tous les jours. Maya m’a apporté cette prise de conscience et je suis beaucoup plus dans l’acceptation des choses en général.

Le TCA : Tennis Club des Arquebusiers

Quel est votre rôle au sein du Tennis Club des Arquebusiers ? Depuis combien de temps ?

Je suis Vice Président du Club depuis janvier 2020, c’est une activité bénévole. Nous nous occupons avec l’équipe, des jeunes, du monde de la compétition. C’est pour moi un très beau club. J’avais envie de rentrer dans l’organisation sportive de Luxembourg.

Il y existe une vraie communauté de club, les gens y passent le week-end avec leurs enfants. C’est très agréable, très familial. Les gens dans les clubs au Luxembourg ont encore cette envie d’être ensemble, ce besoin de partage, de passer du temps au Club. Et moi qui ai toujours vécu comme cela, j’apprécie d’autant plus.

Je suis également membre du Golf Grand Ducal. J’adore le golf que je pratique avec des amis et notamment Alain Devresse mon ami. C’est un très beau club, un endroit merveilleux.

Connaissez-vous Gilles Muller ?

Oui et Gilles est quelqu’un que j’aime beaucoup. Nous devions travailler ensemble sur divers événements tennis mais la Covid a tout stoppé momentanément. Il me fait un peu penser à Guy Forget. Je trouve qu’il a fait une très belle carrière. Il a aussi explosé sur le tard car il avait besoin d’avoir une certaine sérénité et confiance en lui. C’était un joueur que j’adorais parce qu’il faisait service-volée et c’est un gaucher en plus.

Ses différents « jobs »

Depuis la fin de votre carrière tennistique, quelles sont vos autres activités ?

  • Je suis Vice Président du Tennis Club des Arquebusiers de Luxembourg  depuis janvier 2020.
  • Je travaille toujours avec Eurosport… Pour les différents tournois du grand Chelem  notamment avec une rubrique « Le conte d’Henri ».
  • J’ai une grande passion qui est le vin. J’ai été intronisé il y a 10 ans à la Jurade de Saint-Emilion. L’histoire a commencé car j’avais sympathisé avec la famille Bertrand (Château Carteau). Cela était pour moi quelque chose d’exceptionnel car je suis un grand amateur de vins. J’ai trouvé là une deuxième famille. Mes parents qui habitent Bergerac sont juste à côté en plus.
  • Je suis Président (bénévole) de la section tennis du Levallois Sporting Club en France. On a 2400 licenciés et une belle équipe en place.
Henri, Maya et Etienne-Jean Labarrère-Claverie ©Dominique Gaul
  • J’ai créé mon entreprise d’événementiel dans laquelle je travaille avec Maya. Elle se nomme HL&Co. Nous gérons tous types d’événements sportifs, coaching en entreprise et individuel, des conférences (entre 60 et 150 personnes) Nous mettons en place divers types d’événements très spécifiques et aussi en petits comités.
  • Nous avons créé un concept pour faire la promotion de différentes villes/pays. J’ai par exemple fait la promotion d’Almeira dans un spot publicitaire. C’est une demande !
  • Une autre passion : la course automobile notamment avec mon ami Eric Van De Viver sur différent circuits (VdeV Racing).

Côté Santé…

Quel est votre avis sur la crise sanitaire que nous vivons et subissons ?

Je considère cette crise comme un passage, un obstacle à franchir. Je le vis avec sérénité, sans exagérer, sans devenir parano. Il faut se dire que c’est très grave, que c’est dangereux. Durant ce temps des pays sont en guerre. Je ne veux pas dire pour autant qu’il faut relativiser mais simplement dire qu’il faut être prudent et conscient du fait que nous devons être unis dans cette période difficile. Nous devons être attentifs à tous les gestes barrières, c’est notre rôle. Je trouve que Xavier Bettel gère la situation de manière exceptionnelle tout en laissant le pays vivre parce qu’il n’est pas possible de tout mettre à l’arrêt. Car plus on arrête la machine, plus elle sera lente à repartir. Ici on maintient le bateau à flot. Nous devons continuer à être responsables et raisonnables.

Avez-vous été confronté de près ou de loin à la maladie ?

  • Trois hernies discales opérées.
  • Une méningite.
  • Une hépatite… J’ai déjà vu la mort de près… C’est pourquoi je suis heureux tous les matins et je fais attention, suis prévoyant, heureux de vivre car j’ai vécu de sales moments.

Que faites-vous pour vous entretenir?

  • L’alimentation est capitale : je fais attention à ce que je mange.
  • Je pratique du sport (tennis, golf, gym).
  • Je travaille aussi sur le mental, ce qui est également très important.

Questions pêle-mêle…

  • Votre livre préféré : Croisements d’une vie d’Ayrton Senna.
  • Votre musique ou groupe préféré : Melody Gardot (Jazz).
  • Vos actrices préférées : Sigourney Weaver, Meryl Streep.
  • Acteur préféré : Sean Connery.
  • Marque de fringues fétiche : Boggy (marque italienne).
  • Couleur préférée : le bleu marine.
  • Votre principale qualité : la générosité.

Contact

www.hlandco.net

Lisez nos autres interviews People… en rubrique Lifestyle.

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