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Stress oxydatif et prévention des maladies chroniques

Le Dr Marc Rancier, endocrinologue aux Hôpitaux Robert Schuman (HRS), nous parle du stress oxydatif.

Pour fonctionner, notre organisme a besoin d’énergie. La plupart des nutriments ingérés, en particulier le glucose et les lipides, deviennent ainsi une source d’énergie métabolique, c’est-à-dire qu’ils sont oxydés en gaz carbonique et en eau et ensuite transformés en ATP (adénosine triphosphorique), la forme d’énergie chimique utilisée par la cellule.

Le stress oxydatif

Quand un combustible brûle, il consomme de l’oxygène et dégage de la chaleur. La « combustion » des sources d’énergie alimentaires dans nos cellules ne fait pas exception. Les radicaux libres, faisant partie des espèces oxygénées réactives (ROS en anglais, Reactive oxyden species) sont des molécules chimiques rendues instables en présence d’électrons. Produits en faible quantité dans notre organisme, ils sont principalement synthétisés dans la cellule suite au métabolisme de l’oxygène. En raison de leur instabilité chimique, les radicaux libres peuvent occasionner des dégâts au niveau des structures cellulaires (il s’agit du stress oxydatif). Nos cellules sont normalement capables de se défendre contre les dommages causés par les ROS à l’aide d’enzymes ou encore de molécules anti-oxydantes. Cependant, une alimentation trop riche en glucose ou en acides gras insaturés dérègle la dégradation oxydative des nutriments dans la cellule, les radicaux libres sont produits en surnombre, ce qui accroît le stress oxydatif.

L’implication du stress oxydant dans la majorité des maladies chroniques, qu’elles soient d’ordre  métaboliques (diabète, thyroïdite, hyperlipidémie, etc), cardiovasculaires (infarctus du myocarde, accident vasculaire cérébral, etc), oncologiques et inflammatoires (polyarthrite rhumatoïde, psoriasis, etc) est aujourd’hui scientifiquement prouvé. «  D’autres facteurs entrent en jeu dans leur apparition, tel que la génétique, mais vous l’aurez compris : en empêchant l’apparition du stress oxydatif, nous serons capables de prévenir un maximum le développement des maladies chroniques. », précise le Dr Rancier.

Il faut savoir aussi qu’un stress oxydatif élevé accélère les phénomènes du vieillissement cellulaire et diminue ainsi notre espérance de vie. Comment ? En s’attaquant à notre ADN  !

Le stress oxydatif diminue notre espérance de vie.

Les facteurs de risque

Les principaux facteurs de risque du stress oxydant sont :

  • l’obésité,
  • la sédentarité,
  • une alimentation trop riche en glucides et en acides gras insaturés,
  • le tabac,
  • la consommation excessive d’alcool,
  • les polluants et l’inflammation.

Prévenir le stress oxydatif

Le stress oxydatif peut être évité par des mesures simples qui concernent notre mode de vie  :

  • promouvoir une alimentation variée et adapter vos apports énergétiques. Il est important de vous alimenter sans que vos émotions prennent le dessus ! Pour vous y aider, n’hésitez pas à pratiquer de la relaxation (ou d’autres approches comme la pleine conscience). Vous ressentirez vite les effets bénéfiques sur votre contrôle alimentaire et votre gestion du stress. Par ailleurs, vous pouvez réduire votre consommation calorique de manière durable. Le Dr Rancier met en garde : « Si vous souhaitez changer votre alimentation, veillez bien à ce que cela soit tenable à long terme, et à demander l’avis de votre médecin traitant. Un régime trop restrictif mal géré induira une prise de poids. Un bilan initial de votre état de santé général et un suivi régulier sont requis. Dans un avenir proche, de nouvelles méthodes de restriction calorique pourraient voir le jour, comme certains régimes cétogènes obtenus en diminuant les glucides et en favorisant les lipides. Leur réalisation doivent tout d’abord faire l’objet d’une validation clinique à grande échelle. » Il faut savoir que nous sommes très largement gouvernés par nos bactéries intestinales. Non satisfaites de recevoir leur quota habituel en sucre et en graisse, ces bactéries vont envoyer des signaux nerveux à notre hypothalamus (cerveau) qui libèrera des peptides qui auront pour but de stimuler notre appétit. Nous nous sentirons mal et nous aurons l’impression de faire une hypoglycémie (perte d’énergie, faim impérieuse, pâleur du visage, céphalées,…). « C’est malheureux à dire, mais on ne s’appartient finalement pas complètement. Il est illusoire de penser que nous décidons librement de notre comportement alimentaire. Mais en prenant conscience de ce mécanisme de régulation de la faim, chacun d’entre nous peut arriver à mieux contrôler sa prise alimentaire. », note le Dr Rancier.
  • éviter  les différents facteurs de risque du stress oxydant,
  • pratiquer une activité physique régulière.

« Aujourd’hui, des centaines de millions de personnes mettent en jeu leur santé rien qu’en augmentant leur sédentarité et en ne s’alimentant pas correctement. J’insiste : bougeons plutôt que de consacrer la plupart de notre temps à regarder la télévision qui, de surcroît, appelle à la fourchette ! Et cela doit forcément passer par une éducation nutritionnelle forte dès le plus jeune âge. Je serais d’avis d’instaurer dans les écoles des cours de préparation de repas et des cours de gestion du stress pour éviter aux enfants les prises alimentaires dites émotionnelles. », conclut le Dr Rancier.

La prise alimentaire (stock d’énergie) est indissociable de la pratique d’une activité physique (dépense d’énergie) régulière.

Source de l’article : Interview du Dr Marc Rancier, endocrinologue aux Hôpitaux Robert Schuman (HRS).

Post - Luxembourg - Santé
Céline Buldgen
Journaliste multimédia

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