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Parkinson: apprendre à vivre avec la maladie

La maladie de Parkinson résulte de l’atteinte d’une zone très précise de notre cerveau impliquée dans le contrôle de nos mouvements.

Pour une raison encore mal expliquée, les neurones de cette zone (appelée «substance noire» ou «locus niger») meurent progressivement, ce qui se traduit par une perte de la fluidité des mouvements.

Les neurones atteints, qui produisent normalement un messager chimique, la dopamine, ne sont plus capables d’en produire.  C’est pourquoi, le premier médicament de cette maladie est un précurseur de cette substance, la L-dopa ou lévodopa.

Lorsque les premiers symptômes dus à cette affection dégénérative apparaissent, 60 à 80% des neurones de la substance noire ont déjà été détruits.

Des causes encore floues

Les causes de cette maladie – plus fréquente chez les hommes que chez les femmes – n’ont pas encore été complètement élucidées. Elles peuvent être génétiques mais également liées à l’environnement. Ainsi, une exposition prolongée à certains polluants chimiques ou à des pesticides constitue un facteur de risque. Tout comme une intoxication au monoxyde de carbone.

Dans la majorité des cas, les troubles apparaissent entre 50 et 70 ans. Néanmoins, la maladie débute parfois très tôt, dès 30 ans. Dans ce cas, elle est le plus souvent d’origine génétique.

Des tremblements, mais pas seulement

Notre cerveau exerce normalement un contrôle très fin de chacun de nos mouvements. Ainsi, par exemple, porter une tasse de café jusqu’à nos lèvres exige à la fois un contrôle de la précision du mouvement (vers la bouche et pas à côté), de la force musculaire développée (pour ne pas briser la tasse), de la stabilité de notre bras (pour ne pas renverser)… Le manque de dopamine entraîne un déséquilibre dans l’entièreté de ces contrôles fins, ce qui se traduit par différents symptômes:

  • des tremblements irrépressibles des membres, surtout marqués au repos ou quand la personne est stressée,
  • une certaine rigidité musculaire, qui peut être responsable de mouvements saccadés, manquant de fluidité et qui occasionne une certaine maladresse. Dans le visage, cela se manifeste par une mimique assez figée,
  • une grande lenteur dans la réalisation des mouvements, allant même parfois jusqu’à l’impossibilité de bouger. C’est surtout le début du geste qui est difficile à initier,
  • une instabilité dans la posture et dans la démarche, avec le corps qui penche vers un côté ou vers l’avant. La personne se déplace en traînant des pieds, le dos voûté, avec des bras qui ne balancent plus, ou peu. Des pertes d’équilibre sont possibles.

Outre ces manifestations caractéristiques, la maladie de Parkinson peut s’accompagner, entre autres, de difficultés à articuler, à avaler (y compris sa salive), d’incontinence urinaire et de constipation.

Sur le plan psychique, l’anxiété et la dépression ne sont pas rares. Lorsque la maladie évolue, des pertes de mémoires, de la confusion, des troubles cognitifs et mentaux sont parfois à redouter.

Contrairement aux croyances, tous les malades ne souffrent pas de tremblements.

Des traitements en plein développement

On ignore encore comment prévenir l’apparition de cette maladie ou comment la guérir.

Mais il est certain que plus les malades restent actifs, mieux ils combattent cette maladie chronique et invalidante. Il est donc conseillé aux personnes atteintes de faire de l’exercice et de marcher tous les jours. L’activité leur permet d’augmenter leur mobilité, leur équilibre et leur coordination corporelle. Des exercices de relaxation les aident également à lutter contre le stress, l’anxiété ou la dépression.

La kinésithérapie et la logopédie jouent un rôle très important dans la prise en charge des malades. Elles sont complémentaires aux traitements médicaux.

Le médicament le plus efficace, à base de lévodopa, permet de ralentir la progression de la maladie et d’atténuer ses conséquences. Cependant, les effets de ce traitement sont limités dans le temps: ils diminuent après quelques années. D’autres molécules permettent désormais de prendre le relais ou même de le remplacer, en début de maladie.

Lorsque les médicaments ne sont plus efficaces, certaines formes avancées de la maladie peuvent bénéficier d’un traitement chirurgical: des électrodes implantées dans le cerveau permettent de stimuler les zones atteintes et d’améliorer le contrôle des mouvements. 

Le médecin généraliste veille également à prendre en charge des autres problèmes liés à la maladie de Parkinson – vessie instable, constipation, dépression, troubles de la déglutition…

Post - Luxembourg - Santé
Céline Buldgen
Journaliste multimédia

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