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Les Hôpitaux Robert Schuman célèbrent leur 1000e opération chirurgicale assistée par robot Mako®

Le lundi 27 janvier dernier a eu lieu la 1000e chirurgie orthopédique assistée par robot Mako® à l’Hôpital Kirchberg. L’occasion pour les Drs Pit Putzeys et Philippe Wilmes, médecins spécialistes en orthopédie et traumatologie, d’aborder les avantages et les perspectives de cette technologie innovante par rapport à la chirurgie orthopédique conventionnelle. 

Depuis 2013, le service d’orthopédie des Hôpitaux Robert Schuman est certifié comme premier et unique centre de chirurgie endoprothétique au Luxembourg. La certification EndoCert, établie selon des exigences très strictes de la «Deutschen Gesellschaft für Orthopädische und Ortho- pädische Chirurgie» (DGOOC), est un label de qualité qui certifie la correspondance aux standards internationaux pour la chirurgie endo-prothétique. 

Acquis en 2016, le robot Mako® est utilisé aux Hôpitaux Robert Schuman pour la mise en place des prothèses totales de hanche et des prothèses totales ou partielles du genou (uni, bi ou tri-compartimentales). 

D’autres indications suivront prochainement : les prothèses d’épaule, les implants d’ostéosynthèse dans la fusion lombaire postérieure et les prothèses de la cheville. 

Mako®, le robot qui fait avancer la chirurgie orthopédique

La chirurgie robotique s’inscrit dans une démarche globale de standardisation et d’amélioration de la qualité de la prise en charge des patients. Pit Putzeys : « L’extrême précision du geste chirurgical, une haute reproductibilité du positionnement des implants et une meilleure sécurité des patients ont été les arguments qui ont convaincu notre équipe d’introduire la technologie robotique MAKO®. »

Des études scientifiques ont permis de valider l’intérêt médico-économique de la technologie robotique en chirurgie orthopédique :  

  • diminution des saignements et des douleurs post-opératoires, 
  • amélioration du confort et de la satisfaction des patients,
  • augmentation de la longévité de l’implant avec une diminution des taux de révision. « Plus de 200 études scientifiques parues dans les meilleurs journaux orthopédiques ont pu démontrer que le taux de survie des prothèses à court (jusqu’à 5 ans) est supérieur avec la technique robotique pour la prothèse unicompartimentale du genou. », souligna le Dr Putzeys. « Combinée à la Récupération Rapide Après Chirurgie (RAAC), ce type de chirurgie mini-invasive et la robotique réduit considérablement la durée d’hospitalisation. La rééducation du patient est précoce et sa qualité de vie en est fortement améliorée. », ajouta également le Dr Wilmes. 

…et voué à un bel avenir

Depuis l’acquisition du robot Mako®, le service d’orthopédie des HRS a enregistré une hausse de 30 % de son activité. Dr Putzeys : « On voit clairement une forte demande qui émane des patients. Au niveau mondial, 1000 centres hospitaliers font usage de la chirurgie assistée par robot Mako®, dont certains avec un très grand volume de patients. C’est le cas par exemple du « Hospital for Special Surgery » à New-York au sein duquel 14 000 opérations de prothèses du genou et de la hanche sont réalisées par an, grâce à un équipement de 6 robots. »  

Dans cette course à l’innovation, il est certain que les firmes devront développer dans le futur de nouvelles générations de robots avec des logiciels de plus en plus performants. « L’évolution de la software va permettre aux chirurgiens de faire des simulations pendant l’intervention chirurgicale afin d’apporter encore plus de précision dans les gestes techniques. », souligna le Dr Putzeys.  

« Les 1 000 interventions ont été couronnées d’un succès clinique et radiologique parfaitement reproductible. » 

Chirurgie du genou: les prothèses uni- et bi-compartimentales plébiscitées 

Des études scientifiques ont montré qu’après l’implantation d’une prothèse totale du genou, 20 % des malades ne sont pas satisfaits des résultats pour des raisons biomécaniques. C’est pourquoi, le centre endoprothétique du Kirchberg a décidé de privilégier la mise en place de prothèses uni, bi ou tri-compartimentales afin de remplacer uniquement le ou les compartiment(s) endommagé(s). Et cette chirurgie robotique « personnalisée » donne d’excellents résultats : p.ex., 91 % des patients opérés pour une prothèse uni-compartimentale du genou ont un taux de satisfaction de 100%.

Les grands freins à son développement

Le premier frein limitant l’utilisation de la chirurgie robotique est la nécessité d’avoir une équipe formée et habituée au maniement du Mako®. Dr Putzeys : « Après avoir suivi une formation spécifique aux USA, le Dr Wilmes et moi-même avons formé le reste de notre équipe de 7 chirurgiens. Les futurs chirurgiens orthopédiques ont également la possibilité de progresser rapidement au maniement du robot grâce au Medical Training Center (MTC). Il est prouvé que la majorité des complications post-chirurgicales sont liées à des erreurs humaines. Il convient dès lors que chaque patient soit traité de manière identique, peu importe le chirurgien qui l’opère, et avec du matériel de qualité équivalent. »

Le deuxième frein est les coûts élevés liés à à l’investissement et à l’emploi de cette technologie innovante. Dr Wilmes : « La Fondation Hôpitaux Robert Schuman (FHRS) a investi dans l’achat de 3 robots, deux Da Vinci® et un Mako® à hauteur de plusieurs millions d’euros, dans une volonté de pousser l’innovation. Il est regrettable que la Caisse Nationale de Santé intervienne si peu dans le financement de l’innovation, du progrès thérapeutique et de la qualité des soins au Luxembourg. Quand on sait que chaque révision de prothèse coûte en moyenne 60 000 euros, la CNS pourrait faire au final de sérieuses économies en réduisant le taux de révisions àtravers une meilleure qualité d’implantation. Or, le code de la Sécurité Sociale stipule que la CNS ne peut rembourser ce qui est considéré comme utile et nécessaire. Ce concept flou est surtout utilisé pour justifier une politique de restriction et de contrôle des dépenses. L’un des arguments avancé par la CNS est que la chirurgie robotique n’a pas encore fait ses preuves à long terme par rapport à la chirurgie classique. Or, les travaux scientifiques préliminaires ont bel et bien montré que la technique est sûre et plus que probablement à l’avantage des patients à long terme. Comme dans toute innovation de hier, devenue standard aujourd’hui, cette efficacité à long terme ne pourra être démontrée qu’à partir du moment où les hôpitaux ont le matériel nécessaire et des volumes de patients à leur disposition pour renforcer les études. »

Deux projets pilotes prévus en 2020  

  • La création d’un registre de prothèses de hanche et du genou interne aux Hôpitaux Robert Schuman, qui, ultérieurement, sera intégré au registre allemand. Dr Wilmes : « En réalité, nous aurions aimé créer un registre national de prothèses luxembourgeoises. Notre proposition de collaboration avec les autres hôpitaux du pays n’a malheureusement pas abouti. Nous espérons qu’ils puissent un jour reconsidérer leur décision, et qu’ils puissent suivre notre exemple en obtenant, eux aussi, la certification EndoCert. ».
  • L’inclusion de chaque patient à un programme Data Analytics, dès le mois de février. Dr Putzeys : « La collecte et l’analyse des données; obtenues à partir des consultations pré-opératoires, des données collectées par le robot pendant l’intervention, des scores individuels remplis par les patients en post-opératoire; nous permettra de comparer nos résultats au niveau international.»
Post - Luxembourg - Santé
Céline Buldgen
Journaliste multimédia

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