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Cancer du pancréas : la chirurgie reste le traitement de référence

Si, à l’heure actuelle, on attribue encore un pronostic réservé aux patients atteints d’un cancer du pancréas, l’espoir est permis que l’on puisse un jour améliorer non pas leur survie mais aussi leur guérison. Le Dr Edoardo Rosso vient de rejoindre l’équipe de Chirurgie Générale Viscérale du Centre Hospitalier de Luxembourg (CHL) dirigée par le Dr Santiago Azagra. Il nous explique toute la complexité diagnostique et thérapeutique du cancer du pancréas. 

Le nombre de patients atteints du cancer du pancréas est en constante augmentation. Selon les statistiques, d’ici 2030, le cancer du pancréas sera la 3e cause de décès liée au cancer dans le monde. Dr Rosso : « Depuis plusieurs années, on observe une baisse du taux d’incidence du cancer du sein et du cancer colorectal au niveau de la population mondiale, y compris au Luxembourg. L’implémentation de programmes de dépistage nationaux et la mise en place de campagnes de prévention/sensibilisation ont permis d’obtenir cette tendance positive. Malheureusement, le cancer du pancréas reste étroitement lié à l’hygiène de vie, en particulier au surpoids/obésité et au tabagisme. » 

Dr Rosso
Le Dr Rosso vient de rejoindre l’équipe de Chirurgie Générale Viscérale du Centre Hospitalier de Luxembourg (CHL) dirigée par le Dr Santiago Azagra.

Complexité diagnostique

Il n’est pas aisé d’établir un diagnostic précoce du cancer du pancréas, hormis pour les cancers génétiques familiaux. Deux raisons principales sont évoquées : 

1. Les symptômes du cancer du pancréas sont quasi imperceptibles au début. D’un point de vue anatomique, il est bon de rappeler que le pancréas est un organe rétropéritonéal et est donc situé dans la partie profonde de l’abdomen en arrière de l’estomac.

2. Les symptômes initiaux du cancer du pancréas sont peu caractéristiques. Le Dr Rosso nous explique : « Les premiers symptômes qui apparaissent sont souvent une perte de poids inexpliquée ou de la fatigue. Avant de faire le lien entre ces symptômes et le cancer du pancréas, une longue période peut s’écouler. Plus tardivement, une douleur au dos persistante ou une jaunisse (coloration jaune de la peau et du blanc des yeux) vont alerter le patient et l’amener à consulter. Ces symptômes qui sont considérés comme « précoces » sont en réalité tardifs d’un point de vue médical. Leur apparition nécessite une prise en charge précoce et spécialisée du patient pour ne pas que la situation clinique évolue vers l’apparition de métastases. » 

Il est pratiquement impossible de détecter une tumeur du pancréas à un stade très précoce. Les seules exceptions sont les formes génétiques et familiales ou les tumeurs du cancer du pancréas qui sont à l’origine de forme kystiques (appelées « IPMN »). 

Types de cancer du pancréas

Il existe plusieurs types de cancer du pancréas. De façon générale, on peut les diviser en trois groupes : 

1. L’adénocarcinome du pancréas. Ce type de cancer est le plus fréquent et l’un des plus redoutés. Le Dr Rosso précise :« Pendant très longtemps, l’adénocarcinome du pancréas a été vu comme étant une pathologie de la personne âgée, avec souvent une apparition des symptômes vers l’âge de 74-75 ans. Aujourd’hui, ce type de cancer apparait de plus en plus tôt, chez des patients âgés entre 50 et 60 ans. »

2. Les tumeurs endocrines du pancréas. Il s’agit d’un grand groupe de tumeurs dotées d’une malignité très variable et qui nécessitent une prise en charge très spécialisée.  

3. Les tumeurs kystiques du pancréas (de type IPMN). Dans la plupart des cas, ces tumeurs bénignes requièrent juste une surveillance pendant plusieurs mois ou années. La chirurgie est parfois envisagée lorsque la tumeur devient maligne chez certains patients. 

On observe aujourd’hui une augmentation de l’incidence du cancer du pancréas au sein de la population mondiale ainsi qu’une baisse de l’âge au moment du diagnostic.

Bilan initial et prise en charge précoce

Dès l’apparition des symptômes alarmants, il convient toujours d’envisager un bilan initial au sein d’un centre spécialisé dans la prise en charge diagnostique et thérapeutique du cancer du pancréas. Le diagnostic d’un cancer du pancréas passe essentiellement par la réalisation d’un scanner et un dosage des marqueurs tumoraux. En cas de diagnostic difficile, des examens complémentaires pourront être demandés tels que : IRM, écho-endoscopie, PET scan. 

Le traitement doit être instauré dès que possible après la pose du diagnostic, idéalement dans une période de 1 mois à six semaines, en vue d’augmenter non seulement la survie du patient, mais aussi sa qualité de vie voire éventuellement ses chances de guérison. Le Dr Rosso conseille vivement : « J’invite vraiment les personnes atteintes d’un cancer du pancréas à se faire soigner dans un centre hospitalier qui regroupe toutes les spécialités, compétences et expériences nécessaires pour assurer un traitement sûr et efficace. Au CHL, nous possédons toute une équipe spécialisée dans la prise en charge globale du cancer du pancréas (oncologues, médecine nucléaire, radiologie, radiologie interventionnelle, chirurgiens spécialistes dans la chirurgie du foie et du pancréas, réanimation, Centre de Traitement de la Douleur, etc.). » 

Progrès chirurgicaux

Ces dernières années, le Centre Hospitalier de Luxembourg a connu des avancées significatives dans les possibilités de traitement chirurgical du cancer du pancréas qui sont proposées aux patients. 

Dans le domaine de la laparotomie (chirurgie ouverte, dite « classique »), l’équipe de Chirurgie Générale Viscérale est capable de pratiquer, avec une grande sécurité, des interventions chirurgicales dites « étendues » pour des cas cliniques très avancés qui demandent des reconstructions vasculaires, veineuses et artérielles. Le Dr Rosso : « Lors du diagnostic, nombreux sont ceux qui ont un cancer localement avancé. Lorsque les séances de chimiothérapie néo-adjuvante donnent de bons résultats, elles permettent d’opérer le patient en seconde intention malgré des tumeurs localement avancées. La chimiothérapie ne réduit pas pour autant la tumeur, elle permet simplement de stabiliser son évolution. Si la tumeur était déjà difficile à opérer avant la chimiothérapie, elle le sera toujours après la cure. En ayant des compétences et une expérience spécifique et reconnu dans la résection vasculaire avancée, notre équipe peut donc aujourd’hui opérer plus de patients que par le passé. »  

Dans le domaine de la chirurgie mini-invasive, l’équipe du CHL est capable de pratiquer des chirurgies courantes du pancréas par chirurgie robotique ou par cœlioscopie. Ce type d’interventions concerne autant les tumeurs de la tête du pancréas que la queue du pancréas. Et autant dire qu’il s’agit d’une réelle innovation ! Le Dr Rosso confirme : « Très peu de centres hospitaliers en Europe sont capables de pratiquer la chirurgie d’une tumeur de la tête du pancréas, comme nous le faisons ici au CHL. »

Cancer du pancréas : les critères pour une chirurgie

La chirurgie du pancréas n’est pas proposée à tous les patients. Le Dr Rosso met en exergue deux critères d’opérabilité : 

1. L’absence de métastases (critère le plus important). En cas d’adénocarcinome, la chirurgie reste préconisée pour les cancers initiaux ou les cancers localement avancés. 

2. Avoir un bon état général. C’est un critère important car la chirurgie du pancréas est une chirurgie lourde qui peut parfois entrainer des complications postopératoires importantes. « Au CHL, nous sommes en train de mettre en place des programmes de préhabilitation basés sur une approche multimodale (renutrition intensive, réhabilitation physique et soutien psychologique). Ces programmes ont pour objectif de préparer le patient à la chirurgie ou à la chimiothérapie néo-adjuvante avant chirurgie en vue d’améliorer sa récupération fonctionnelle et réduire la morbidité post-opératoire. », expliquele Dr Rosso. 

Enfin, précisons que l’âge du patient n’est plus considéré aujourd’hui comme un critère d’éligibilité à la chirurgie.

Survie après chirurgie

Jusque dans les années 2000, la chirurgie était le seul traitement envisagé en cas de cancer du pancréas, avec, il faut le dire, des résultats peu exceptionnels. Actuellement, une grande majorité de patients se voient proposer une chimiothérapie néo-adjuvante avant la chirurgie. Une chimiothérapie adjuvante est quant à elle administrée après l’intervention chirurgicale. Dr Rosso commente : « Les patients qui peuvent bénéficier de ce programme thérapeutique complet – chimiothérapie néo-adjuvante, chirurgie (laparotomie, coelioscopie ou robotique) et chimiothérapie adjuvante – ont des résultats très intéressants en termes de survie et de qualité de vie. Avant les années 2000, l’espérance de vie moyenne des patients opérés pour un cancer du pancréas était de 13 mois. Aujourd’hui, la survie moyenne est de l’ordre de 32 à 34 mois si le patient reçoit un traitement complet. Toutefois, l’augmentation de l’espérance de vie n’est pas synonyme de guérison… Guérir d’un cancer du pancréas reste, encore aujourd’hui, relativement peu fréquent. »  

Le Dr Rosso se veut malgré tout rassurant : « Des recherches scientifiques  très récentes ont permis d’obtenir une typisation génétique pour la plupart des cancers du pancréas. Cela signifie que, dans les années à venir, on sera en mesure de proposer aux patients des thérapies ciblées. Ce type de traitement prometteur pourra servir également à traiter de façon plus efficace les cancers du pancréas métastatiques. »

Source

Letz be healthy de décembre. 

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Post - Luxembourg - Santé
Céline Buldgen
Journaliste multimédia

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