Ménopause : et si on arrêtait enfin de la subir ?

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Bouffées de chaleur, fatigue, troubles du sommeil, changements d’humeur, prise de poids… La ménopause peut bouleverser le quotidien.

Le Dr Susanne Folschette, présidente de Lëtz Menopause A.s.b.l., Diane Elsen, vice-présidente, Marthe Schmit, secrétaire, et Caroline Lentz, bénévole, nous aident à mieux comprendre cette étape et les solutions pour mieux la vivre.

« Il faut penser à la périménopause beaucoup plus tôt »

Lorsqu’on parle de ménopause, on pense à l’arrêt des règles et aux bouffées de chaleur. Pourtant, le processus commence bien avant. C’est cette période, appelée périménopause, que l’association Lëtz Menopause souhaite mieux faire connaître.

« Il faut penser à la périménopause beaucoup plus tôt », insiste le Dr Folschette. Cette transition débute plusieurs années avant la ménopause et les règles ne sont pas forcément déjà irrégulières.

La ménopause correspond, elle, à la dernière menstruation et n’est confirmée qu’après douze mois consécutifs sans règles. Cette distinction est essentielle : face à une femme de 40 ou 42 ans souffrant de fatigue inhabituelle, de troubles du sommeil ou d’une anxiété nouvelle, la périménopause doit faire partie des pistes à envisager, même en l’absence de bouffées de chaleur.

Ménopause, association Lëtz Menopause

Quand tout va bien sur le papier, mais pas dans la vie

Le parcours peut être déroutant : fatigue persistante, troubles du sommeil, difficultés de concentration, « cerveau dans le brouillard », irritabilité, anxiété ou épisodes de tristesse.

Dans sa pratique, le Dr Folschette dit avoir rencontré des femmes relativement jeunes qui ne se reconnaissaient plus : moins d’énergie.

Lorsque les analyses classiques ne révèlent rien d’anormal, les patientes peuvent pourtant sentir qu’il y a quelque chose qui ne va pas. C’est toute la difficulté : les symptômes de la périménopause sont multiples et peuvent être physiques, psychiques, cognitifs ou métaboliques. Palpitations, vertiges, douleurs articulaires ou musculaires, modifications de la silhouette ou encore troubles urinaires et génito-urinaires peuvent également s’y associer.

Une médecine encore trop peu formée

Pour les fondatrices de Lëtz Menopause, le problème ne concerne pas uniquement l’information du grand public. Il touche aussi la formation des professionnels de santé.

Le Dr Folschette explique avoir elle-même approfondi sa formation dans le domaine de la médecine de la ménopause. Car la ménopause concerne pratiquement tous les domaines de la santé : gynécologie, médecine générale, endocrinologie, cardiologie, santé osseuse, santé mentale ou encore santé sexuelle par exemple.

L’enjeu est donc de ne pas considérer la ménopause comme une simple parenthèse gynécologique, mais comme une période qui peut avoir des répercussions bien plus larges sur la santé et la qualité de vie future.

«La ménopause est normale. Mais ce n’est pas normal de vivre mal pendant 30 ou 40 ans»

C’est probablement le message qui résume le mieux la philosophie de l’association : la ménopause n’est pas une maladie, mais cela ne signifie pas qu’il faille accepter d’en subir les symptômes et les conséquences.

Il ne s’agit pas non plus d’opposer traitement et absence de traitement. Toutes les femmes ne souhaitent pas d’hormonothérapie et certaines ont des contre-indications. L’approche doit avant tout être individualisée, en fonction des symptômes, des antécédents, des risques et des attentes de chacune.

Traitement hormonal : dépasser les idées reçues

Le traitement hormonal de la ménopause (THM) reste l’un des sujets qui suscitent le plus de questions. Au début des années 2000, les résultats très médiatisés de la Women’s Health Initiative, aux États-Unis, ont profondément marqué l’opinion et installé une durable méfiance envers les hormones.

Depuis, les données ont été réévaluées et les recommandations ont évolué. Les traitements utilisés aujourd’hui ne sont d’ailleurs pas ceux étudiés à l’époque.

Pour le Dr Folschette « deux générations de femmes ont ainsi vécu avec une peur des hormones qu’il est aujourd’hui nécessaire de réévaluer à la lumière des connaissances actuelles. »

Une « fenêtre d’intervention »

La question ne se limite pas aux symptômes : la ménopause marque aussi une période où certains risques, notamment cardiovasculaires et osseux, évoluent.

Les recommandations internationales évoquent une « fenêtre d’intervention » durant laquelle le rapport bénéfice-risque du THM apparaît être favorable pour une majorité des femmes concernées, notamment lorsqu’il est commencé près du début de la ménopause.

Le THM n’est pas un traitement destiné à prévenir l’ensemble des maladies liées à l’âge. En revanche, il est démontré qu’il prévient la perte osseuse associée à la diminution des œstrogènes après la ménopause, contribue au maintien de la densité minérale osseuse et réduit le risque de fractures pendant son utilisation.

Un autre sujet encore trop tabou : la santé intime

Sécheresse vaginale, douleurs lors des rapports, troubles urinaires ou infections urinaires répétées : les symptômes génito-urinaires restent encore trop peu évoqués, alors qu’ils peuvent fortement affecter la qualité de vie. Contrairement à d’autres symptômes de la ménopause, les symptômes génito-urinaires ont tendance à persister et à s’aggraver avec le temps en l’absence de traitement. Les œstrogènes vaginaux locaux à faible dose sont des traitements largement étudiés, efficaces et à très faible absorption systémique. Ils peuvent être initiés même des années après la ménopause et poursuivis à long terme. Les recommandations internationales confirment leur efficacité dans la prévention des infections urinaires récidivantes.

Et la testostérone ?

Autre hormone qui fait parler d’elle : la testostérone. Loin d’être une hormone uniquement masculine, elle est naturellement présente et biologiquement active dans l’organisme féminin. Son taux diminue progressivement avec l’âge, plutôt que de chuter brutalement à la ménopause. À ce jour, la seule indication de la testostérone chez la femme soutenue par des preuves scientifiques solides est le trouble du désir sexuel hypoactif (HSDD) chez la femme postménopausée.

Les hormones ne remplacent pas l’hygiène de vie

Pour Lëtz Menopause, l’accompagnement ne se résume pas à une ordonnance. Alimentation équilibrée, activité physique, sommeil, gestion du stress et lien social sont autant de piliers essentiels.

L’activité physique, et notamment la musculation, joue un rôle important pour préserver la masse musculaire et contribuer à la santé osseuse.

S’informer et en parler

Les fondatrices de Lëtz Menopause veulent faire évoluer les mentalités : parler de la ménopause permet de mieux identifier ses symptômes et de ne plus banaliser le sujet.

« Il faut que les femmes puissent exprimer leur vécu » : à leur médecin, entre elles, au travail comme en famille.

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Informer les femmes, mais aussi les médecins et les entreprises

Créée fin 2025, Lëtz Menopause A.s.b.l. ambitionne de devenir un point de référence au Luxembourg. L’association prépare une plateforme d’information destinée aux femmes, aux professionnels de santé et, à terme, aux entreprises.

Après une première série de conférences à succès, elle souhaite multiplier les rendez-vous et les collaborations avec les institutions et les professionnels de santé.

Son objectif : mieux informer les femmes pour leur permettre de comprendre les changements qu’elles traversent et de faire des choix éclairés, avec leur médecin, mais aussi mieux faire connaître la périménopause afin qu’elle soit intégrée au diagnostic différentiel lorsqu’une femme consulte pour des symptômes compatibles. La ménopause est une étape normale. La subir en silence ne devrait pas l’être.

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Orange Week 2026 : du 25 novembre au 10 décembre, tous unis contre les violences faites aux femmes et aux filles

Orange Week 2026… « Orangez votre monde » est une initiative lancée en 2008 par les Nations Unies afin de sensibiliser aux violences faites aux femmes et aux filles et de renforcer la mobilisation collective pour y mettre fin. Au Luxembourg, orangeons notre monde pour la 9e année consécutive ! Les agressions récentes nous rappellent que cette action collective est essentielle. Comment s’impliquer dans la campagne Orange Week 2026 ? Plusieurs actions permettent de participer à cette mobilisation : Faisons de l’orange un symbole visible de solidarité et d’engagement. Orangez votre monde ! Informations pratiques et calendrier des événements : www.cnfl.lu

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