Home Lifestyle Les paradoxes du surdoué en entreprise

Les paradoxes du surdoué en entreprise

Les surdoués sont-ils particulièrement inadaptés au monde du travail ? Quelles sont leurs forces et leurs difficultés ? Comment peut-on mieux les intégrer au sein de l’entreprise ? Cet article aborde un peu toutes ces questions. 

Surdoué : se sentir différent

Les surdoués vivent souvent ce que l’on appelle le syndrome de Cassandre. Il s’agit de voir de manière très évidente ce qui va se passer au sein de l’entreprise : comment améliorer des processus qui ne conviennent plus, comment réduire le risque d’une entreprise de tomber en faillite, etc. Si la personne à haut potentiel ne se sent pas écoutée, la situation peut rapidement devenir délétère : perte d’estime de soi, perte de confiance en soi, bore-out, dépression. 

La personne surdouée peut également vivre le syndrome de l’imposteur si elle est autodidacte et monte rapidement les échelons d’une entreprise. 

Surdoué : pourquoi passer les tests ?

Il est toujours intéressant de savoir que l’on est surdoué pour apprendre à bien se connaître, à mieux s’accepter, à ne pas culpabiliser ou encore à s’améliorer si on le souhaite.

Les conséquences d’une douance non connue, mal connue ou mal vécue sont les suivantes : 

  • diminution de l’estime de soi et de la confiance en soi, 
  • difficultés dans les relations interpersonnelles, dans sa capacité à se mobiliser à bon escient, dans la canalisation de ses émotions,
  • problèmes de santé.

Secteur de travail des surdoués 

Des professions attirent particulièrement les surdoués : professions de santé, chercheurs, avocats, ingénieurs… 

Il faut savoir qu’une personne à haut potentiel a besoin d’avoir du sens dans son travail, d’avoir son cerveau en ébullition, de se sentir utile, en empathie, d’avoir une passion pour son travail et l’amour du travail bien réalisé, de libérer sa créativité, de trouver des astuces…

Pour s’épanouir dans sa profession, il faut se sentir aligné avec ses valeurs, avec ce qui nous motive. Il est important aussi d’être suffisamment sollicité par rapport à ce que l’on aime faire et de se trouver dans un environnement émotionnel plaisant. Ce besoin d’épanouissement professionnel est encore plus marqué chez un surdoué avec la sensibilité qui le caractérise.

Par ailleurs, on retrouve aussi une forte proportion de HPI parmi les dirigeants. Outre la capacité à faire des études ou à grimper les échelons en tant qu’autodidacte, pour être dirigeant, il faut disposer d’une bonne dose d’énergie et d’une intelligence relationnelle, technique, stratégique… Il faut également avoir cette capacité à agir dans la complexité, à rebondir en cas d’échec, à assumer ses responsabilités ou encore à avoir une vision globale pour l’entreprise.

Attention au burnout

Les surdoués sont des personnes très passionnées par leur métier. Cependant, gardons à l’esprit que l’énergie et les capacités d’une personne ne sont pas inépuisables… Il est absolument nécessaire de se prendre des temps de repos (sans culpabiliser!). Le risque d’un burnout existe toujours, que l’on soit surdoué ou non.

Les forces du surdoué au travail 

Elles sont multiples : 

  • La résilience, 
  • L’énergie, 
  • L’adaptation, 
  • L’empathie,
  • La pensée divergente, 
  • La capacité d’analyse et de synthèse,
  • La capacité à faire des liens, 
  • Le goût des challenges… 

Ce sont des qualités que tout un chacun peut disposer, que l’on soit HPI ou non. La personne à haut potentiel se caractérise par l’intensité, l’efficacité et la compilation de toutes ces forces. 

Son côté obscur 

Toutes ces forces citées précédemment vont aider le HPI à surmonter ses fragilités

  • La tendance à s’éparpiller entre 1001 centres d’intérêts. Le HPI aura tendance en effet à survoler les matières parce qu’il comprend plus vite, à se mettre plein d’obligations dans le dos car il veut faire plaisir, etc.
  • La rebellitude qui consiste à chercher le débat, la petite bête… tendance à réinterroger les règles en permanence… Cela peut bloquer dans le cadre professionnel.
  • La procrastination.
  • Le sur-engament vis-à-vis du travail ou des personnes (sur-engagement affectif) : déception, fatigue intense, burnout…
  • Difficulté à supporter l’ennui, la lenteur, la médiocrité (la capacité à se révolter contre des causes qui n’auraient pas fait réagir d’autres personnes).

La clé est de comprendre que chaque « défaut » (faille) est en réalité une qualité poussée à l’excès.

Ne pas aller bien au travail

Que signifie ne pas aller bien dans un contexte professionnel ?

Cela peut aller à : de l’ennui, de la démotivation, une perte de sens, se sentir rejeté par le reste de l’équipe, se sentir incompris ou sous-employé par son manager voire sur-exploité. La personne peut se sentir injustement traitée, être en révolte contre un système que l’on trouve complètement absurde… Attention : un burnout ou une somatisation peuvent survenir si on laisse la situation dégénérer. 

En terme de comportement de travail, cela peut conduire à des tensions relationnelles, à du sur-engagement encore plus fort ou du désengagement total (plus rare). Certains HPI arrivent à voir leur manager pour en parler, d’autres se mettent à chercher un autre poste. Ce sont des stratégies soit de dialogue, soit de solution de rechange. Et puis il y a ceux qui vont entamer un virage radical et changer complètement d’activité professionnelle ou éventuellement se mettre à leur compte. 

L’indépendance est une solution souvent adoptée par les HPI et qui leur convient bien. Mais, attention, quand on se met à son compte, la réalité peut vite nous rattraper (gestion administrative et financière…) et cela peut être douloureux. 

Dans tous les cas, il ne faut pas concevoir un changement de cadre professionnel comme une fuite mais plutôt comme un projet qui va redynamiser. Et puis, il est toujours intéressant de se poser la question : « Que puis-je changer dans mon comportement, dans ma manière d’agir pour être plus aligné avec mes valeurs et plus efficace ? »

Source :

5e édition du Congrès Douance (web congrès), organisée du 8 au 17 octobre 2020.

Notre rubrique Lifestyle contient de nombreux articles.

Post - Luxembourg - Lifestyle
Céline Buldgen
Journaliste multimédia

ARTICLES LIÉS

À LA UNE

Le Sida du chat : FIV et FeLV

Pour cette édition, notre interlocuteur est Benoît Durand, qui oeuvre en tant que vétérinaire depuis 1992. Il est généraliste, pratique la médecine...

Suivre un patient diabétique en tant qu’infirmiers de consultation en diabétologie

A l’occasion de la Journée mondiale du diabète, célébrée chaque année le 14 novembre - et dont le thème principal de la...