Home Santé Chirurgie des yeux au laser : efficace et sûre !

Chirurgie des yeux au laser : efficace et sûre !

Vous en avez assez de porter des lunettes ou des lentilles ? Et si vous envisagiez la chirurgie réfractive au laser ? Celle-ci offre de nouvelles perspectives aux personnes atteintes de myopie, d’hypermétropie, d’astigmatisme et de presbytie. Le point avec le Dr Emilie Costantini, ophtalmologue aux Hôpitaux Robert Schuman (HRS).

Dans un oeil normal, le trajet des rayons lumineux est modifié par la cornée et le cristallin pour leur permettre de converger vers la rétine. En cas de myopie, le globe oculaire étant trop long, les rayons lumineux convergent en avant de la rétine. Les personnes myopes voient mal les objets éloignés. En cas d’hypermétropie, le globe oculaire étant trop court, les rayons lumineux convergent en arrière de la rétine. La vision de près est floue. L’astigmatisme se caractérise par une anomalie de forme de la cornée produisant une vision floue de loin et de près. La presbytie est une perte progressive de l’accommodation « focus de l’oeil » qui survient généralement vers l’âge de 45 ans et entraîne une baisse de la vision de près.

Toutes ces anomalies de la vision peuvent être corrigées par le port de lunettes (loin, près, progressives), le port de lentilles de contact ou être traitées par une chirurgie de la vision au laser ou par implant intra-oculaire.

La chirurgie au laser donne-t-elle de bons résultats ?

Dr Costantini : « La chirurgie au laser consiste à modifier la forme de la cornée, ce qui permet de modifier le trajet des rayons lumineux. Elle s’avère très efficace pour corriger les troubles de la réfraction. Le choix de la technique au laser dépend principalement du défaut visuel à corriger et des paramètres de la cornée. Avec les techniques actuelles, chez le myope, nous proposons la chirurgie au laser si la myopie ne dépasse pas 8 à 10 dioptries. Chez l’hypermétrope, on peut traiter jusqu’à 4 dioptries. Quant à la presbytie, il est possible de la compenser pour éviter les lunettes dans la plupart des activités de la vie quotidienne; le patient devra parfois porter des lunettes pour certaines activités telles que la conduite automobile ou la lecture prolongée. »

Lorsque le laser n’est pas possible, il existe d’autres techniques chirurgicales pour traiter les troubles de la vue telles que les chirurgies par mise en place d’implants intra-oculaires. 

Quelles sont les méthodes utilisées ? Des contre-indications ? 

Dr Costantini : « On distingue deux techniques au laser : le laser excimer intrastromal (Lasik: Laser Assisted In situ Keratomileusis) et le laser excimer de surface (PKR: photokératectomie réfractive). La méthode du Lasik consiste à appliquer le laser excimer dans l’épaisseur de la cornée après une première découpe d’un volet de tissu cornéen au laser femtoseconde. Dans le cas de la PKR, les impacts de laser excimer sont appliqués sur la surface de la cornée après un grattage de la couche superficielle. Le chirurgien choisira la méthode la plus adaptée à la situation en fonction des paramètres de la cornée (épaisseur, régularité …), l’importance du trouble visuel à corriger, l’âge du patient, ses activités professionnelles et ses loisirs. »

Je suis myope. A partir de quel âge l’opération est-elle recommandée ?

Dr Costantini : « Chez les myopes, il est vivement conseillé de ne pas envisager l’intervention chirurgicale avant l’âge de 20 à 25 ans, pour la simple et bonne raison que la myopie peut encore évoluer. La myopie doit être stabilisée depuis deux ans avant d’envisager le traitement au laser. Cependant, on peut faire une exception chez les jeunes qui souhaitent rentrer dans certaines filières professionnelles (pilotes, pompiers…) pour lesquelles il est interdit de porter des lunettes. On les informe toujours qu’ils devront probablement subir un nouveau traitement laser si leur myopie évolue. »

Je suis enceinte. L’opération est-elle faisable ? 

Dr Costantini : « La grossesse n’est pas une contre-indication. Cependant, il faut garder à l’esprit que la myopie peut se modifier pendant la grossesse de façon transitoire ou définitive, en raison des variations hormonales de la grossesse. Nous conseillerons donc toujours à une jeune femme myope, enceinte ou désirant avoir des enfants prochainement, d’attendre après la grossesse avant d’envisager l’intervention. »

Comment dois-je me préparer à l’opération ? 

Dr Costantini : « Pour déterminer les troubles visuels et rechercher d’éventuelles contre-indications, un bilan pré-opératoire complet est réalisé. Ce bilan comprend des tests spécifiques permettant d’examiner la cornée dont une pachymétrie qui en mesure l’épaisseur, une topographie cornéenne qui en analyse la régularité, une analyse des aberrations optiques, un examen du film lacrymal … et bien sûr une analyse de toutes les autres structures de l’oeil (chambre antérieure, cristallin, rétine). En fonction des résultats, l’ophtalmologue choisira la technique chirurgicale la plus adaptée au patient (laser ou implant). Pour les examens pré-opératoires ainsi que la chirurgie au laser, nous demandons au patient de ne pas porter ses lentilles de contact quelques jours avant. Un livret d’informations est remis à chaque patient pour l’informer du déroulement de l’intervention, des risques et des suites opératoires. »

Comment se déroule l’opération ? 

Dr Costantini : « L’anesthésie est locale par collyre, l’intervention est rapide (moins de 30 minutes) et indolore. Le patient est allongé sur le dos et doit fixer une lumière pendant la durée du traitement laser. Le chirurgien désinfecte la peau du visage avec un antiseptique, installe un champ opératoire et réalise ensuite le traitement laser. En général, les deux yeux sont traités dans la même séance. Les traitements post-opératoires sont simples, ce sont des collyres antibiotiques et anti-inflammatoires pendant quelques semaines ainsi que des collyres lubrifiants (larmes artificielles) pendant quelques mois. Pour s’assurer du bon déroulement de la cicatrisation, des contrôles post-opératoires sont effectués dans les premiers mois.

L’opération ne nécessite pas d’hospitalisation, elle se pratique sous anesthésie locale par instillation de collyre. En général, la prise en charge ambulatoire se déroule en 1 heure (préparation/désinfection, chirurgie au laser, contrôle post-opératoire).

Quelles sont les précautions à prendre et les incidents possibles ? 

Dr Costantini : «Après un Lasik, le patient peut ressentir des picotements au niveau de l’oeil opéré pendant 4 à 5 heures. Pour son retour à domicile, il ne peut pas conduire et doit donc être accompagné. La reprise du travail est en général possible après quelques jours. 

Après une PKR, l’oeil opéré est généralement douloureux pendant 2 à 3 jours et le temps de récupération de la vision et de cicatrisation est plus long que pour un Lasik. Le patient devra attendre une semaine avant d’envisager la reprise de la conduite automobile et/ou du travail. 

Dans les jours suivant l’opération, nous conseillons au patient de porter des lunettes de soleil afin de ne pas être gêné par la lumière (photosensibilité), nous lui recommandons d’éviter le moindre contact avec la poussière, la fumée et l’eau … qui pourrait entraîner une infection. Il est conseillé d’attendre au moins une semaine avant de se remaquiller les yeux et de reprendre une activité sportive. Le risque infectieux est rare, la prescription d’un traitement antibiotique post-opératoire ainsi que les mesures de précautions permettent de limiter au maximum ce risque.

Dans les suites opératoires, le patient pourra ressentir une sécheresse plus ou moins importante, la perception de halos lumineux, une tendance à l’éblouissement, une gêne à la vision nocturne. Ces symptômes peuvent parfois nécessiter un traitement. »

Quand la reprise chirurgicale est-elle requise ? 

Dr Costantini : « Dans la majorité des cas, la chirurgie réfractive au laser donne entière satisfaction immédiatement. Les phénomènes de cicatrisation étant propres à chacun, un complément de laser peut parfois être nécessaire (environ 5% des cas) dans les mois suivant l’intervention.

Dans d’autres cas, la vision évolue plusieurs années plus tard (apparition d’une presbytie après 40 ans, réapparition d’une myopie …), il est aussi possible de proposer un second laser pour corriger ces nouveaux défauts. »

Dois-je avoir peur d’être opéré ?

Dr Costantini : « Ces techniques au laser excimer sont pratiquées depuis les années 1990. Elles sont aujourd’hui très sécurisées, simples et reproductibles. Tout est mis en oeuvre pour assurer la sécurité du patient, notamment grâce à l’évolution technologique et au calibrage des lasers, aux traitements personnalisés et au système d’eye tracking (contrôle de la stabilité de l’oeil pendant l’intervention). »

Le risque infectieux existe pour tout acte chirurgical. Ce risque en chirurgie au laser est moins important que le risque d’infection lié au port de lentilles de contact (abcès de cornée).

Afin de garantir un maximum de sécurité, cette chirurgie est réalisée dans une salle de bloc opératoire avec un système de traitement et de renouvellement de l’air afin de garantir une asepsie rigoureuse. De plus, les procédures de désinfection du site opératoire (oeil) et les protocoles de stérilisation des instruments suivent les dernières normes en vigueur. Enfin le patient sera informé des précautions à prendre dans les jours post-opératoires et les signes devant l’amener à consulter en urgence.»

La chirurgie des yeux au laser est considérée comme une opération « de confort ». C’est pourquoi la CNS n’intervient pas financièrement dans le remboursement de cette chirurgie. Cependant, renseignez-vous au préalable auprès de votre mutuelle complémentaire ou de votre caisse privée. En général, une aide financière vous est proposée. 

Post - Luxembourg - Santé
Céline Buldgen
Journaliste multimédia

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