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De la mauvaise gestion du stress au burnout, il n’y a qu’un pas

Le burnout survient à la suite d’une longue exposition au stress dans le contexte professionnel. Revenons sur les facteurs de risque, les signes et les caractéristiques de cet épuisement professionnel qui touchent de nombreux travailleurs malgré eux. 

La loi du 4 août 1996, relative au bien-être des travailleurs lors de l’exécution de leur travail, oblige l’employeur à mettre en place une politique de prévention visant la sécurité et la santé des travailleurs (notamment en ce qui concerne la prévention des risques psychosociaux). 

Stress : origine du mot

Toute activité; qu’elle soit professionnelle, ménagère, ou de loisir; requière une charge psychosociale. Le terme « psycho » englobe l’aspect mental et le terme « social » étant à relier au vécu de la personne, dans un contexte relationnel et environnemental. Il est normal d’avoir un peu de stress, c’est-à-dire une contrainte. 

L’origine du mot « stress » remonte à 1948, lors de la reconstruction de ponts après la guerre en Grande-Bretagne. Il s’agit d’un mot technique utilisé par un ingénieur pour le calcul de la résistance des matériaux d’un pont lors du passage d’un convoi lourd, ce dernier impliquant des charges vibratoires successives. Jacques Lejeune (1) : « Cette technique est toujours utilisée à l’heure actuelle. Le terme « stress » a ensuite été médicalisé. La terminologie actuelle du stress replace ce dernier dans un contexte relationnel. Si une personne a des difficultés à assurer ses fonctions et ses relations, elle s’estime stressée. Les consultations médicales pour raison de stress sont malheureusement en constante augmentation. Le mot « stress » est aussi utilisé aujourd’hui dans le langage de la vie quotidienne. C’est un mot à la mode, mis à toutes les sauces. Il est généralement le reflet du vécu subjectif de la personne concernée. Tout le monde vit dans un système où il faut aller vite. La pression sociale est énorme, il faut avoir la capacité de la gérer. » 

Deux types de stress

Il existe deux différentes formes de stress : 

  • le stress positif, 
  • le stress négatif appelé depuis peu « stress chronique ». 

Le stress positif est associé par exemple à une motivation effective ou réelle à s’impliquer dans une activité. Il correspond à une stimulation où on y trouve une satisfaction personnelle du devoir accompli. Dans ce cas-ci, le stress est considéré comme une situation normale. Jacques Lejeune, expert dans le domaine du burnout, précise : « Tout est une question de limite. Mieux vaut choisir une seule activité professionnelle ou de loisir plutôt que de se disperser dans plusieurs activités que l’on ne finalise pas, qui ne sont pas satisfaisantes et qui sont sources de stress chronique. L’idéal est bien sûr de concilier entièrement son activité professionnelle à son métier préféré. C’est rarement le cas. C’est pourquoi les hobbies sont indispensables pour assurer l’équilibre et l’épanouissement personnel à condition qu’ils n’empiètent pas sur l’exercice professionnel. » 

Au-delà d’un certain seuil de tolérance variable selon les individus, les contraintes peuvent s’avérer trop importantes. On parlera alors de surcharge psychosociale, de burn out ou d’état d’épuisement professionnel. Le stress négatif est un état perçu par les travailleurs comme négatif qui s’accompagne de plaintes, de dysfonctionnements au niveau physique, psychique et/ou social, et qui est la conséquence d’une incapacité à répondre aux exigences et attentes qui leur sont posées par leur contexte professionnel. Ce stress amène donc un blocage, une inhibition. La durée a son importance. Si la surcharge psychosociale est ponctuelle et ne dure pas trop longtemps, le travailleur peut assumer et garder le moral. Si elle perdure, elle va occasionner des dégâts psychiques importants sur le long terme. « Tout est imbriqué l’un dans l’autre. Analyser une situation de stress n’est pas simple. Il faut tenir compte de l’incidence familiale, personnelle et professionnelle pour établir un diagnostic. Une personne n’est pas l’autre. Une personne peut mieux résister au stress, tandis qu’une autre personne, pour un problème identique, va perdre les pédales. Jusqu’à présent, aucun facteur génétique lié au stress n’a été trouvé. On sait cependant que l’ambiance familiale, dans l’enfance, l’éducation, la gestion de soi-même, la capacité de se prendre en charge seul(e) jouent un rôle majeur. », explique Jacques Lejeune.

Caractéristiques du burnout  

Le burnout est un terme anglo-saxon, établi en 1980 par un psychologue américain, Herbert Freudenberger, qui signifie « se consumer, se brûler et partir en fumée ». Le stress négatif, répétitif et prolongé peut engendrer un état épuisement professionnel. Ce stress s’insinue lentement de façon évolutive jusqu’à devenir une pathologie au travail provoquant un désastre social. Il serait un syndrome d’épuisement physique et émotionnel comprenant notamment une image négative de soi au travail et une perte d’intérêt. Toutefois, le burnout n’est pas une conséquence du stress en soi mais est plutôt dû à une mauvaise gestion de celui-ci. Il se retrouve particulièrement dans les professions à risque où il y a un lien avec des personnes (employé de grandes surfaces, professionnels de la santé, enseignants…) et où il faut sans cesse faire face à l’imprévu. Jacques Lejeune : « Les travailleurs affectés ont tous une prédominance à s’investir dans leur travail au cours d’une période relativement longue, avec un engagement personnel, affectif et émotionnel important. Et malheureusement, cet investissement est souvent peu reconnu et récompensé par autrui, ne serait-ce que moralement par les collègues et les supérieurs hiérarchiques. » 

Sources de stress au travail

Les sources possibles de stress chronique au travail peuvent être : 

  • le contenu du travail, 
  • l’organisation du travail, 
  • le manque d’aide de la part des collègues, 
  • l’absence de reconnaissance d’un travail bien fait, 
  • un mode de management peu participatif,
  • des responsabilités difficiles à assumer.

En maîtrisant la communication interne de l’entreprise, il est possible de réduire de quasi 90 % le problème de stress et de harcèlement au travail.

Lien utile : 

Questionnaire WOCCQ, Méthode de diagnostic collectif des risques psychosociaux liés au travail : https://www.woccq.be

Source :

Visioconférence intitulée « Burnout & Dépression : comprendre et s’en sortir » donnée par Jacques Lejeune le 8 octobre dernier.

(1) Notes sur l’orateur : 

Professeur Honoraire à l’ULB, Docteur en Neuropsychologie, Master en Ergonomie, Conseiller Universitaire en Prévention (Polytechnique ULB) pour la sécurité, l’ergonomie et les risques psychosociaux – stress et burnout.

Céline Buldgen
Journaliste multimédia

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