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Les faux vrais et les vrais faux

Nous faisons de plus en plus attention à notre alimentation. Mais, même quand on souhaite faire au mieux et acheter de bons produits, cela peut s’avérer compliqué. D’autant que les rayons sont pleins de faux vrais et de vrais faux… Si nous arpentons les allées des supermarchés, nous pouvons être tentés par de nombreux articles pas forcément bons pour notre santé.

Les faux vrais et les vrais faux

Les publicités sont créées pour nous donner envie de certaines choses et en plus nous font croire que certains aliments sont des aliments santé. Il est dur de constater que cela n’est souvent pas le cas. C’est ce que nous nommons « Les vrais faux, les faux vrais. » Nous nous sommes entretenus à ce sujet avec le Docteur Nadia Terki qui pratique la médecine nutritionnelle, préventive et thérapeutique à Luxembourg.

Elle nous a donné des conseils, appris de nombreuses choses à partager avec vous.

Les aliments riches en Oméga 3

Les Oméga 3  sont des acides gras essentiels. Ils ont un rôle majeur dans la protection de l’organisme et le développement de l’enfant. Le corps humain ne peut pas les fabriquer. Il est donc nécessaire de les puiser dans l’alimentation. Ils peuvent être d’origine végétale ou animale. Nous trouvons dans le commerce de nombreux produits dits riches en Oméga 3 mais il est nécessaire de respecter certains points pour  en bénéficier pleinement :

Les faux vrais et les vrais faux
  • Les pains riches en Omega 3, ne le sont pas. Pourquoi ? Il est vrai que les Oméga 3 sont bons pour la santé mais ils sont sensibles à la lumière et à la chaleur. Les Oméga 3 qui sont cuits dans le pain ne sont plus des Oméga 3 puisqu’ils sont détruits par la chaleur (graines de lin, graines de chia, etc). Les Oméga 3 détruits par la chaleur deviennent en plus, pro-oxydants, c’est-à-dire qu’ils font  « vieillir nos cellules».
  • Les sardines et les maquereaux : ce sont des poissons très riches en Oméga 3 mais nous devons être attentifs à la façon dont nous les consommons. Griller des sardines  va également détruire les Oméga 3. Privilégiez les cuissons douces à la plancha par exemple ou 1 minute de chaque côté dans une poêle à feu très très doux. Vous pouvez aussi les préparer en tartare avec du jus de citron.
Les faux vrais et les vrais faux

Le saumon est un sujet sensible. A la base, le saumon d’élevage n’est pas rose mais gris. Mais, c’est l’astaxantine (naturelle ou chimique) rajoutée, qui fait sa couleur rosée. Dans la composition de la nourriture du saumon d’élevage, on retrouve très peu d’Oméga 3 contrairement au saumon sauvage qui se nourrit de crevettes, crustacés et de plancton.

Les faux vrais et les vrais faux

Il n’est malheureusement pas simple de trouver du saumon sauvage dans le commerce. Néanmoins, avec la pollution des mers et  des océans, les gros poissons sont riches en métaux lourds, raison pour laquelle nous privilégierons les petits poissons.

  • Pour lhuile de noix, privilégiez les petites bouteilles et achetez si possible des bouteilles en verre foncé car elle craint la lumière. Conservez-la au frigo, comme l’huile de colza, de cameline, etc.

Autres fausses bonnes idées !

  • Le riz. Il est naturellement riche en arsenic (même le riz bio). L’arsenic est présent dans la croûte terrestre et se retrouve de ce fait dans le sol et les eaux utilisées pour irriguer les cultures. En Asie, les gens lavent leur riz. Ici, nous ouvrons le paquet et nous l’utilisons. Le riz doit toujours être rincé et pour diminuer le taux d’arsenic, le mieux est de le faire tremper la veille. Le lendemain, bien le rincer avant de le cuire. Ces opérations diminuent nettement le taux d’arsenic. Le temps de cuisson sera évidemment réduit (à surveiller).
  • Les galettes de riz soufflé. Nous pensons que c’est un aliment sain mais pas du tout. C’est une agression pour le pancréas. L’index glycémique (IG) est très élevé : c’est la transformation du produit qui fait augmenter l’index glycémique.
Les faux vrais et les vrais faux
  • Cette transformation génère également des acrylamides, substances cancérigènes et génotoxiques (qui endommagent l’ADN). Ces galettes sont vendues comme un aliment santé mais elles font grossir. Comme ce sont des glucides qu’on transforme, cela augmente l’IG. De plus, l’arsenic présent dans le riz n’arrange pas les choses. Le constat est identique pour toutes les galettes soufflées.
  • Les laits végétaux. Les laits végétaux contiennent des carraghénanes ! C’est un extrait d’algues qui sert d’épaississant et de gélifiant  utilisé dans l’industrie alimentaire. Il porte le code E407. Selon le CIRC (Centre International de Recherche sur le Cancer), les produits dégradés des carraghénanes seraient potentiellement cancérigènes chez l’homme. Par ailleurs, certaines publications, rapportent des inflammations intestinales, des ulcérations au niveau du côlon, et une résistance à l’insuline… De plus, le consommateur paye l’eau à un prix d’or ! Les laits du commerce contiennent entre 6% à 2% d’amandes pour un litre d’eau !

Qui croire ? Que faire ?

Clairement, le « healthwashing » serait un peu le pendant du « greenwashing » : une utilisation mensongère d’arguments écologiques bons pour la santé. Il est vraiment infâme d’utiliser des arguments santé  pour vendre alors que certains produits peuvent favoriser l’obésité  et d’autres pathologies !

Le plus simple pour contrer tous ces arguments marketing est de faire à manger soi-même et de refuser de consommer des aliments transformés. Pensez à vous, à votre santé, à celle de  vos enfants !  Essayez de diminuer le tout ! Consommez des aliments VRAIS, faites vos plats, faites vos gâteaux (au moins vous saurez ce qu’ils contiennent !).

Quelques conseils pèle-mêle

  • Eviter d’acheter des céréales précuites
  • Ne pensez pas manger un aliment healthy en mangeant des chips de légumes ! Légumes OK mais il y a le mot CHIPS. La cuisson à haute température fait perdre tous les bienfaits des légumes : les vitamines, les minéraux et les fibres. Ce sont bien des légumes mais totalement dépourvus de bienfaits et tout aussi gras que des chips de patates et avec des acrylamides.

Faire son lait d’amande

Les faux vrais et les vrais faux
  • 50 g d’amandes
  • 1 litre d’eau
  • 1 sac à lait végétal pour filtrer ou un torchon propre

Pour un résultat plus crémeux

  • 250 g d’amandes entières avec peau
  • 1 litre d’eau

Faire tremper les amandes toute une nuit dans de l’eau. Mettre les amandes rincées avec 500 ml d’eau et mixer 2-3 minutes. Ajouter 500 ml d’eau bouillante. Infuser 15 minutes au moins puis filtrer à travers un sac à lait ou un torchon propre. Bien presser.

Conservez dans une bouteille en verre au frigo 4-5 jours maximum, bien mélangez avant utilisation.

  • Utilisez les résidus d’amandes (okara)  pour préparer des gâteaux.

Recette pour les gens pressés

Prendre 50 g de purée 100% d’amandes  et 500 ml d’eau chauffée.  Bien mélanger jusqu’à obtenir  un lait homogène (conservation identique). Evitez les amandes amères  qui vont libérer du cyanure en association avec l’eau.

Pour conclure

Notre conclusion n’en sera pas une car le sujet est tellement vaste que nous pourrions encore débattre. Mais sachez que 80% de l’offre de produits bio est ultra transformée. Acheter VRAI nous évitera bien des pièges !

Lisez nos autres articles en rubrique Lifestyle.

Post - Belgique - Nutrition
Sandrine Stauner-Facques
Journaliste / Chargée de Communication et des événements

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