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Andy Schleck et sa reconversion

Vainqueur du Tour de France 2010 et de Liège-Bastogne-Liège en 2009, Andy Schleck, l’enfant du pays, aura marqué  d’une empreinte indélébile le monde du cyclisme.

Andy a complètement transposé sa carrière passée à sa carrière actuelle en reproduisant les mêmes schémas, en appliquant les mêmes règles que lorsqu’il était cycliste professionnel. A 34 ans, l’ancien professionnel cycliste a bien rebondi et n’a pas le temps de s’ennuyer. Zoom sur ses différentes vies.

Andy, pouvez-vous nous rappeler les plus beaux souvenirs de votre carrière ? 

Les trois souvenirs qui restent gravés dans ma tête sont : l’étape Morzine-Avoriaz en 2010, le Tourmalet en 2010 et le Col du Galibier en 2011.

Ça fait quel effet de porter le maillot jaune durant 12 jours consécutifs lors du Tour de France 2010 ?

Dans un premier temps, participer au Tour de France est déjà une grosse pression. Lorsque l’on figure parmi les dix premiers, on a encore beaucoup plus de pression et quand on a le maillot jaune, c’est une pression supplémentaire à gérer. On a toute la presse, tout le monde qui a le regard sur nous. C’est magique mais c’est vraiment très lourd à porter, il faut être fait pour cela. Tout le monde n’est pas à même de supporter les contraintes qui viennent avec la gloire du maillot jaune. Mais j’ai évidemment été très heureux et fier de le porter, on entre dans un autre monde, celui des élites. Mais dans un second temps, physiquement et psychologiquement, c’est difficile.

Quel bilan tirez-vous de votre carrière ?

Quand je suis devenu professionnel, le but était de devenir un bon professionnel. Il y a beaucoup de professionnels dans le monde mais il y a seulement 180 coureurs dans le monde qui peuvent finir un Tour de France. J’ai très vite réussi et tout le monde pense que nous faisons de courtes carrières mais j’ai tout de même eu une carrière qui a duré 11 ans.

Aujourd’hui avec le recul notamment, je trouve que j’ai fait une belle carrière. Ce fut une carrière très dure, une école très dure. Nul doute que durant cette période de ma vie, je n’ai pas seulement appris à rouler en vélo, j’ai appris à faire des sacrifices, à vivre dans le présent uniquement. 11 ans dans une vie, cela peut paraître court mais ce sont 11 années très denses et quand cette carrière se termine, qu’y a-t-il après ? Il faut donc songer à une reconversion. Mais comme je n’ai pas pu planifier ma retraite, je n’avais pas encore songé à l’après.

Vous évoquez votre chute en Suisse ?

Oui tout à fait. Cette chute est  parvenue dans le final de la 3ème étape du Tour de France à Londres en 2014… Il est vrai que cette chute a tout précipité. J’ai été contraint à l’abandon. Et après cela, j’ai quelque peu perdu mon identité. 

Par exemple, c’est un changement radical de ne plus se lever le matin pour aller à l’entrainement mais de se lever et de faire autre chose ! J’ai travaillé aux côtés de mon beau-père pour apprendre le business, j’ai suivi des cours du soir 3 à 4 fois par semaine. Il a fallu se réadapter à tout. Heureusement que j’étais un garçon qui avait gardé les pieds sur terre. Et malgré tout, j’avoue que cela a été dur au début.

Saviez-vous après cela vers quoi vous alliez vous diriger ?

Heureusement que j’ai eu très vite ce rêve de magasin de cycles qui a germé. A vrai dire, j’avais envie de continuer à transmettre à d’autres personnes cette joie que j’ai toujours éprouvée en vélo. Nous entrons dans notre quatrième année déjà avec cette boutique. J’ai formé mon équipe avec mes points de vue, ma philosophie. J’ai agit comme le leader d’une équipe. Jil, mon épouse, fait partie de l’aventure et travaille également dans le magasin. Ma « Team » et moi avons le même objectif : faire un bon boulot pour nos clients. Nos clients nous apprécient et s’identifient à nous, il nous arrive de rouler avec nos clients le week-end. Nous vivons quelque chose de fort avec eux.

Comment voyez-vous le monde du vélo aujourd’hui car en quelques années tout a bien évolué. Qu’en pensez-vous?

Nous avons tous les types de vélos mais les vélos électriques sont vraiment en vogue et ce créneau fonctionne très bien. Ce qui est génial c’est que des gens qui ne roulaient plus en vélo font l’acquisition d’un vélo électrique et reprennent du plaisir. Ils profitent, ils sont dehors et sont heureux.

Personnellement, je ne roule plus pour m’entrainer, pour souffrir, je roule pour être dehors, dans la nature, plus précisément pour mon plaisir. Cela me fait du bien, me rend calme et serein, m’apporte de la joie. Aujourd’hui je suis fier de dire que nous avons beaucoup de clients qui partagent sans doute ce même état d’esprit.

Quels sont les points forts de votre magasin ?

Les personnes qui entrent dans mon magasin et qui ne connaissent rien au vélo seront pris en charge et conseillés de A à Z. Nous positionnons les gens sur le vélo pour étudier leur position, trouver la bonne selle, le bon guidon. En plus, nous gérons le financement des vélos, l’assurance, les leasing. Ici on entre sans rien et on ressort avec un package complet : c’était ma volonté. Nous travaillons non seulement avec des vélos de course, vélos électriques, vélos de ville, vélos enfants : le magasin est dédié à tout le monde.

Pouvez-vous nous citer les différentes activités que vous faites actuellement ?

  • Le magasin où j’essaie d’être le plus présent possible.
  • Ambassadeur pour Skoda.
  • Inspiring Speaker : je mène des conférences en Europe, aux Etats-Unis, en Chine. Je vais beaucoup en Californie pour des corporate events où je raconte mon histoire dans des écoles.
  • Président de l’organisation du Skoda Tour de Luxembourg.
  • Je suis impliqué avec mon frère dans la GranFondo.
  • J’ai d’autres business en développement sur lesquels je travaille.

Je tiens à dire qu’il y a beaucoup de similarités entre ma carrière sportive et la partie business de mon magasin. Les sacrifices, la loyauté, le partage, le fait d’être un leader : tout cela je connais parfaitement. Un leader est un personnage qui a des responsabilités et qui est un guide. 

Côté famille, quel âge ont vos enfants maintenant ? Sont-ils sportifs ? 

Mes garçons Teo et Lou ont 2 ans et demi et 5 ans. Le plus grand fait de la natation depuis 2 ans, maintenant il fait du foot, il aime tout. Vous allez me demander s’il sera le nouveau Schleck… De toute manière, l’avenir nous le dira car je connais l’envers du décor. J’ai perdu 7 copains sur la route ! C’est la raison pour laquelle, pour moi, le vélo est sans doute le sport le plus dangereux du monde… Le petit lui a un esprit différent, il gagne toujours !

Le Gouvernement parle beaucoup de mobilité au Luxembourg. Il y a une volonté accrue de développer encore les pistes cyclables En tant que citoyen luxembourgeois, quelle est votre position ? Avez-vous des idées à ce sujet ?

J’ai déjà discuté de la question avec François Bausch, notre ministre de la Mobilité. Il est certain que le Luxembourg est un petit pays mais il offre tout de même 600 km de pistes cyclables aménagées, c’est plutôt pas mal… Selon moi, le plus gros problème que l’on a aujourd’hui concerne la sécurité. Nous disposons de pistes cyclables partout mais nous n’en avons pas assez qui sont vraiment sécurisées. En conséquence, nous pourrions améliorer la sécurité avec de petits moyens pour séparer les routes des pistes cyclables. Dès lors, nous devrions aussi développer une campagne de sensibilisation pour les automobilistes mais aussi pour les cyclistes.

Côté sport, que faites-vous comme activités sportives ?

Je fais du vélo le week-end quand c’est possible. Et je pratique régulièrement la natation.

Côté alimentation, votre régime alimentaire a t-il drastiquement changé entre avant et maintenant ?

Oui ! Je fais toujours attention à ce que je mange de toute manière. Mais c’est très dur pour moi car je mange la moitié de ce que je mangeais auparavant et je prends du poids…

Palmarès

2007 : 2ème et meilleur jeune du Tour de France

2008 : 11ème place du classement général et meilleur jeune du tour

2009 : 2ème à la Flèche Wallonne

2009 : Vainqueur Liège-Bastogne-Liège

2009 : 2ème du classement général et meilleur jeune

2009 : Champion du Luxembourg sur route

2010 : Vainqueur de la 8ème étape du Tour de France menant de la station des Rousses à Morzine Avoriaz

2010 : Lors de la 9ème étape du Tour de France, Andy remporte le maillot jaune qu’il portera 12 jours

2010 : Vainqueur de la 17ème étape du Tour de France menant de Pau au Col du Tourmalet

2010 : Vainqueur du classement général du Tour de France 2010 et remporte pour la 3ème fois le maillot blanc du meilleur jeune

2011 : Vainqueur de la 18ème étape du Tour de France

2011 : Le lendemain de sa victoire d’étape au Col du Galibier, Andy revêt le maillot jaune à l’Alpe d’Huez

2011 : 2ème du classement général du Tour de France

2009-2010-2011 : Meilleur sportif luxembourgeois

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Sandrine Stauner-Facques
Journaliste / Chargée de Communication et des événements

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